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Le tiers payant divise

"Oui, généraliser le tiers payant est une mesure fondamentale. Cela mar­que un changement historique", es­time Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé de Sciences Po, dans Libération (page 19). "Un changement qui peut avoir des effets de restructuration très importants. En­traîner un autre type de rapport entre l'hôpital et la médecine de ville. Et donner une visibilité nouvelle aux dépassements d'honoraires", ajoute-t-il.

Mais nombre de médecins libéraux ne partagent pas cet avis. "Cette mesure provoque un tollé dans une grande partie du corps médical, observe Eric Favereau dans Libération. "“Notre avenir est en jeu”, osent même certains."  Ainsi, Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) invoque la déresponsabilisation des malades : "Transformer la carte Vitale en carte de paiement, c'est déresponsabiliser le patient, c'est banaliser l'acte médical." "La gratuité induit des comportements différents. Je n'ai pas envie que mon acte n'ait aucune valeur. C'est une question de respect du médecin", dit-il.

En guise de réponse, le syndicat de généralistes MG-France, favorable au tiers payant, réagit avec humour : "La généralisation serait donc une mesure dirigée contre la médecine libérale ? Pourtant, il est pratiqué depuis très longtemps dans tout le secteur libéral par toute une série de professionnels de la santé, certains médecins spécialistes, infirmières, pharmaciens, cliniques, hospitalisation privée, orthophonistes, kinés, etc. Et il est en vigueur dans 24 des 27 pays européens libéraux."

MG-France souligne également ce paradoxe : "La relation entre chiffre d'affaires, revenus des médecins et usage du tiers payant est très parlante. D'après nos études, chez certains spécialistes, plus il est utilisé, plus les honoraires et les revenus de ces médecins sont élevés."

"Généraliser le tiers payant va effectivement entraîner une consommation de soins, mais de soins utiles et non pas une surconsommation", estime de son côté le Collectif interassociatif sur la santé (Ciss). Selon une étude qu'il a réalisée en 2011, "17% d'un échantillon représentatif de l'ensemble de la population et 24% des personnes ayant un revenu net mensuel inférieur à 1.400 euros par mois déclaraient avoir déjà renoncé ou re­porté la consultation d'un médecin du fait de l'obligation d'avancer le montant de la consultation".

"La généralisation du tiers payant aurait pu être l'occasion d'un débat justifié sur la place des différents acteurs sur l'accès aux soins, sur les liens entre médecine de ville et hôpital. Mais c'est bien mal parti", regrette Eric Faverau.

 

Médicaments : léger recul des ventes

Les ventes de médicaments ont diminué de 1,4% en 2013 (contre – 1,5% en 2012). Les baisses de prix appliquées en 2012 et l'essor du marché des génériques expliquent ce recul, notent Les Echos (page 17). Mais la différence est nette entre les médicaments vendus en pharmacie ou à l'hôpital.

Le marché hospitalier continue de croître (+ 1,8%), même si sa progression a ralenti par rapport à 2012 (+ 3%). En revanche, en pharmacie, les ventes sont globalement en baisse de 2,4% (contre – 2,8% en 2012). Les produits à prescription obligatoire représentent 84% des ventes de médicaments en officine. Les trois substances actives les plus vendues en officine en volume sont des antalgiques : paracétamol, ibuprofène et codéine en association.

Le recul global du marché pharmaceutique réside surtout dans le développement des génériques, qui concerne tous les médicaments de prescription "classiques". Cet essor est dû essentiellement à l'impact de la mesure "tiers payant contre génériques", qui oblige les patients qui refusent la substitution à faire l'avance des frais. En 2013, les génériques représentaient ainsi 15,5% du marché en valeur (contre 13,9% en 2012).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)