croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Le Sénat se penche sur la pénurie des médicaments

Une mission d'information vient d'être lancée par les sénateurs afin de limiter les ruptures de stock de plus en plus fréquentes de certains médicaments dits essentiels.

En hausse ces dernières années, la pénurie de certains médicaments inquiète, jusqu'au Sénat, qui a créé une mission d'information sur cette question.

L'Agence nationale du médicament (ANSM) a identifié l'an dernier près de 530 médicaments en rupture de stock, soit 30% de plus qu'en 2016, rappelle Le Figaro.

Selon un rapport de Marie-Christine Belleville, membre de l'Académie de pharmacie, les principaux traitements concernés sont "surtout des vieilles molécules aujourd'hui génériquées". A plus ou moins long terme, leur difficile mise à disposition risque de nuire au pronostic vital des patients et à leur chance de guérison. La situation est particulièrement préoccupante pour les médicaments liés à l'infectiologie et à la cancérologie.

Les antibiotiques n'échappent pas à cette indisponibilité, surtout dans les services hospitaliers. Ainsi, pénicilline et amoxicilline, voire certains vaccins, se font rares. D'où l'obligation de les substituer par des produits "moins pertinents et plus agressifs qui augmentent le risque de résistance bactérienne", indique le Dr Bernard Castan, responsable de l'unité d'infectiologie d'Ajaccio.

Cependant, tous les traitements ne peuvent trouver leur équivalent. En oncologie, notamment. Rien ne peut remplacer pour l'instant, l'aracytine, utilisé dans la leucémie aiguë myéloïde, ni le 5-FU utilisé dans les tumeurs solides.

Autre difficulté, explique le Pr Jean-Paul Vernant, hématologue à l'hôpital Pitié-Salpêtrière, "l'alternative du melphalan est un pis-aller. Elle a une toxicité cardiaque que n'a pas le melphalan et a une durée d'action différente".

Pour parer aux difficultés d'approvisionnement des médicaments vitaux, les laboratoires qui les produisent peuvent répondre temporairement aux besoins des patients les plus à risque, en lien avec l'ANSM.

A défaut, l'importation de l'étranger des médicaments nécessaires est une autre option.

De son côté, l'Académie de médecine suggère de relocaliser la production des substances actives en Europe. En effet, rapporte Le Figaro, 80% des substances actives sont produites en Inde ou en Chine. L'institution avance également la possibilité "réviser le prix des molécules indispensables qui, pour les industriels, sont considérées comme moins rentables en France que dans d'autres pays".

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)