Le revenu de solidarité active testé dans l’Eure

Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, a détaillé hier dans un entretien au Journal du dimanche (page 19) le nouveau dispositif appelé "revenu de solidarité active" (RSA). Il est destiné à compenser la baisse de revenu des RMIstes lors de la reprise d'un travail. Le principe de l'expérimentation du RSA a été approuvé mercredi en Conseil des ministres dans le cadre du projet de loi travail-emploi-pouvoir-d'achat.

"Le but est de remplacer le RMI, qui souffre d'une image négative depuis sa création", explique le haut-commissaire, dans le JDD. Selon lui, "50.000 personnes seront impliquées si vingt-cinq départements se portent volontaires, d'ici à la fin septembre", pour expérimenter le dispositif. En juillet, un Comité national d'évaluation sera créé. Le projet de loi sur le RSA, incluant la réforme des minima sociaux, pourrait être présenté fin 2008.

"Pour l'instant, quinze départements tentent l'aventure", annonce Martin Hirsch. Le bassin d'emplois de Louviers, dans l'Eure, est le premier en France à tester, grandeur nature, ce nouveau dispositif d'insertion. Il s'agit de compenser les surcoûts liés à la reprise d'un emploi : pertes d'exonérations fiscales, fin de la CMU complémentaire etc. Des freins qui dissuadent de nombreux chômeurs d'accepter un emploi à temps partiel ou payé au Smic.

En acceptant par exemple un travail de dix heures par semaine au salaire minimum, le bénéficiaire cumulera son salaire (environ 300 euros), son allocation logement et une partie du RMI, sachant que son montant est dégressif. Le revenu de solidarité active viendra compléter ses revenus pour parvenir à un total de 1.300 euros, quelle que soit l'évolution des autres ressources.

Reste la question principale : où trouver le financement du RSA ? Le conseil général de l'Eure a voté un budget de 500.000 euros par an pour financer le dispositif. Le ministère de l'Economie et des Finances devrait céder une partie de la prime pour l'emploi, versée aux foyers fiscaux à bas salaire. Selon le haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, "les premières expérimentations dans les départements montrent que le RSA coûte en moyenne 1.200 euros par personne sur une année", soit entre 3 et 4 milliards d'euros par an à l'échelle national.

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L'association de lutte contre le sida, Aides, réunie en congrès à Paris, a élu hier à sa tête Bruno Spire, médecin et chercheur en virologie dans une unité de recherche de l'Inserm à Marseille. Il a participé aux premiers travaux d'isolement du VIH en 1983 à l'Institut Pasteur. "La situation n'a guère changé. L'épidémie se poursuit et la question de simplement “pouvoir dire” que l'on est séropositif reste centrale", estime Bruno Spire, interrogé dans Libération (page 12). "Nous ne resterons pas les bras croisés à regarder les charters décoller avec des malades séropositifs expulsés, sous prétexte qu'ils n'ont pas de papiers", prévient le nouveau président d'Aides. Il compte également lutter en faveur de la prévention et aider les "associations de base", notamment en Afrique.

Bruno Spire a tenu à rappeler que "la première association de lutte contre le sida en France" est composée de séropositifs, mais aussi de "non infectés solidaires". Selon lui, les "alliances" avec d'autres organisations font plus que jamais partie intégrante de la stratégie de Aides, surtout avec "les nombreux mauvais coups portés aujourd'hui contre les associations militantes". Il en veut pour exemple le procès qui opposera le laboratoire pharmaceutique Abbott à l'association Act-Up, poursuivie pour avoir bloqué son site Internet. Act-Up entendait dénoncer la politique commerciale de l'entreprise américaine qui freinait l'arrivée dans certains pays en voie de développement de nouveaux médicaments contre le sida.

John Sutton

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