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Le poids de l’air sur la santé

Rendu public hier, le rapport de la commission d'enquête sénatoriale sur le coût économique de la pollution de l'air évoque un montant annuel "faramineux", presque équivalent à un tiers de la dette grecque. En effet, comme le rapportent Les Echos (page 3), le coût de la pollution de l'air en France s'élève à 101,3 milliards d'euros, soit "entre 1.100 et 1.600 euros par an et par Français".

Certes, précise L'Humanité (page 14), les chiffres avancés dans le document varient "selon les méthodologies de calcul", mais il apparaît néanmoins que le coût sanitaire serait compris entre 68 et 97 milliards d'euros par an. C'est en tout cas la fourchette calculée par le pro­gramme "Air pur Europe" et à laquelle se réfère le Sénat.

Dans le détail, ajoute le quotidien, "le coût sanitaire dit tangible (dépenses de santé remboursées par l'assurance maladie) compterait pour près de 3 milliards d'euros par an". Le coût sanitaire intangible, dit aussi coût social, "associé à une perte de bien-être", à la mortalité ou encore à l'absentéisme au travail, "n'a pas d'impact direct sur le solde des finances publiques", reprend la commission, qui l'estime cependant "conséquent". Enfin, le coût des dégâts non sanitaires (dégradation des bâtiments, perte de rendement agricole, pollution des eaux…) représenterait un total minimum de 4,3 milliards par an.

Le coût sanitaire dit tangible (dépenses de santé remboursées par l'assurance maladie) compterait pour près de 3 milliards d'euros par an.

Les principales responsables des dégâts sanitaires sont les particules fines émanant des transports (gaz d'échappement, abrasion des pneus, du revêtement routier et des freins), du bâtiment (chauffage), de l'industrie et de l'agriculture. A cette dernière, on doit également imputer d'autres émissions, toutes aussi nocives, mais provenant de l'épandage de pesticides et d'engrais.

De cet ensemble, explique Le Figaro (page 9), et selon la nature des particules dégagées, surviennent principalement des pathologies respiratoires, des maladies cardio-vasculaires, ou encore des cancers. "S'y ajoutent des suspicions plus ou moins fortes concernant l'athérosclérose, la santé fœtale, les atteintes neuro-développementales et cognitives, le diabète, la santé mentale…"

Dans son document, la commission d'enquête établit 61 propositions, parmi lesquelles "une quinzaine concerne l'amélioration des données et des connaissances disponibles sur le sujet", note La Croix (page 8), ou encore "une lutte accrue contre la pollution de l'air, via l'entrée en vigueur d'une véritable fiscalité écologique". Signe que toute une chaine doit être impliquée, une autre mesure propose de créer "une spécialisation au niveau de l'internat en médecine" en matière d'impact de l'environnement sur la santé.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)