croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Le médicament français veut freiner le recul du secteur

Les 9 et 10 juillet 2018, Matignon et l'Elysée recevront les industriels du médicament à l'occasion du 8e Conseil stratégique des industries de santé (CSIS). Les laboratoires réclament des mesures permettant de relancer un secteur en perte de vitesse.

En dix ans, la France a perdu sa place de leader européen en matière de production de médicaments. En 2016, en effet, sur les 282 nouveaux traitements autorisés par l'Agence européenne du médicament, seuls 21 étaient fabriqués sur notre territoire, contre 68 au Royaume-Uni et 86 en Allemagne.

Ainsi, indique Le Figaro, la France se retrouve désormais en quatrième position des producteurs de médicaments, juste derrière l'Italie.

Plusieurs motifs expliquent ce recul. Notamment le "poids de la régulation" et les "lourdes procédures" à mettre en œuvre avant de mettre sur le marché un médicament.

"La France fait figure de dernier de la classe européenne en raison du poids de sa bureaucratie", indique à ce propos le quotidien dans un autre article. De fait, 500 jours sont nécessaires entre l'autorisation de mise sur le marché (AMM) et la commercialisation d'un médicament. Par comparaison, le délai s'élève à 100 jours en Allemagne.

La baisse du prix des médicaments plombe également la productivité, estiment les laboratoires, qui sont contraints de rogner sur leurs marges.

Rendu peu attractif, le secteur voit de la sorte ses chercheurs et ses entreprises filer vers les Etats-Unis ou la Chine. A cela s'ajoute un décrochage de la France en ce qui concerne la recherche clinique. "En l'espace de quatre ans, écrit Le Figaro, le nombre d'essais cliniques autorisés (pour les médicaments et les dispositifs médicaux) a quasiment été divisé par deux à 1033".

Ainsi, même si le secteur réalise 53 milliards d'euros de chiffre d'affaires et favorise notre balance commerciale à hauteur de 7,7 milliards d'euros, la croissance de l'industrie pharmaceutique française est en recul.

Ces 9 et 10 juillet 2018, à l'occasion du 8e Conseil stratégique des industries de santé (CSIS), les industriels concernés ne manqueront pas d'exposer leur situation au Premier ministre et au chef de l'Etat qui doivent les recevoir. L'objectif de cette réunion est d'élaborer une "vision stratégique" commune.

D'après Les Echos, Edouard Philippe devrait annoncer à cette occasion "une nouvelle possibilité d'accélérer l'accès au marché des médicaments innovants, avant d'avoir trouvé un accord avec la puissance publique sur les prix et les volumes de vente".

Cet accès au marché existe déjà via l'autorisation temporaire d'utilisation (ATU), mais "seulement pour les indications thérapeutiques mentionnées dans la demande initiale", rappelle le quotidien économique. Prochainement, ce pourrait ne plus être le cas. Les médecins pourront prescrire ce médicament pour soigner d'autres maladies. Encore faut-il qu'il n'existe pas d'alternative thérapeutique.

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)