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Le Mediator® face aux juges en 2015

C'est en 2015 que pourrait se tenir le très attendu procès du Mediator®. Selon le Parquet de Paris, rapporte Le Figaro (page 9), la clôture de l'instruction judiciaire sur le volet principal de l'affaire "pourrait intervenir mi-février", occasionnant ainsi la tenue d'un procès pour tromperie, prise illégale d'intérêts, escroquerie et une partie des faits d'homicides et blessures volontaires.

Selon le procureur de Paris, François Molins, que cite Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), "tous les acteurs de ce scandale" seront présentés devant la justice, à savoir 25 personnes pour l'heure présumées innocentes. Au premier rang d'entre elles figure Jacques Servier, le patron du laboratoire qui fabriquait le Mediator®. Deux de ses adjoints, Jean-Michel Alexandre et Eric Abadie, "des décideurs de l'Agence du médicament", rémunérés en même temps par Servier, sont aussi renvoyés pour prise illégale d'intérêt. A ceux-là, complète le quotidien, il faut ajouter "le célèbre pédiatre Claude Griscelli et l'ex-sénatrice UMP Marie-Thérèse Hermange", mis en examen pour modification d'un rapport parlementaire sur le Mediator®, modifi­cation intervenue sur pression du labo­ratoire Servier.

Ce procès pourrait être l'occasion de quelques rebondissements, estime Le Parisien/Aujourd'hui. Dans l'attente des résultats de onze autres expertises judiciaires, le nombre de victimes liées à ce médicament est en effet "très mo­deste, et très éloigné des estimations des épidémiologistes qui évoquent 1.500 morts". Or, pour le moment, seuls trois décès ont été prouvés à 100% et la responsabilité du Mediator® dans l'apparition des valvulopathies cardiaques est mentionnée de façon certaine dans 49 cas.

Le procureur de Paris "conteste l'idée que le dossier se serait dégonflé", écrit le journal. Pour François Molins, le nombre de victimes est plus réduit parce qu'"en procédure pénale, vous devez apporter la preuve sûre et certaine que le Mediator® est à l'origine du décès d'une personne en particulier. Mais cela ne remet pas en cause les estimations des savants, qui savent qu'il a provoqué un nombre élevé de morts", souligne-t-il.

De son côté, le laboratoire tient à tout prix à réduire le nombre de plaignants par des tractations à l'amiable. Sur les 294 avis d'indemnisation déjà rendus par les experts de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam) sur le Mediator®, Servier a en effet formulé 274 offres, dont 194 ont été acceptées par les victimes, pour un montant moyen de 8.608 euros. Dans 3 cas, l'offre a été refusée net, et le laboratoire attend encore la réponse de 77 plaignants.

A lire aussi dans la presse - L'assurance-chômage revisitée

Les négociations visant à refondre la convention d'assurance-chômage débutent aujourd'hui au siège du Medef. Pendant deux mois, syndicats et représentants patronaux vont ainsi tenter d'"établir d'ici à fin mars les règles d'indemnisation des demandeurs d'emploi pour les trois ans à venir", explique Le Figaro (page 18).

Pour Libération (page 21), comme pour beaucoup de journaux, ce dossier est "épineux", car les comptes de l'assurance chômage s'enfoncent dans le rouge depuis des années. Selon l'Unedic, en effet, "le déficit atteindrait 4 milliards d'euros fin 2013 et 4,3 milliards à fin 2014. La dette cumulée se creuse dangereusement de 17,8 milliards à 22,1 milliards fin 2014". Une situation qui s'explique, en partie, en raison de la crise économique et du nombre exponentiel des chômeurs.

"Que faire ?", demande La Croix (page 8), en exposant les intentions des uns et des autres. Pour les syndicats, "tous unis contre le patronat", il est hors de question de réduire les indemnisations des chômeurs. A la CGT, on souhaite même que "tant que la moitié des chômeurs sont indemnisés, il faut améliorer la couverture chômage". Pour ce faire, ce syndicat préconise l'ouverture des droits dès deux mois de cotisation, contre quatre aujourd'hui, et l'allongement de la durée d'indemnisation à 30 mois, contre 24 actuellement, voire à 60 mois au lieu de 36 mois pour les plus de 50 ans.

Pour financer ces mesures, la CGT et FO suggèrent notamment une augmentation des cotisations patronales, surtout vis-à-vis des contrats précaires "puisque plus de la moitié des personnes indemnisées le sont à la suite d'une fin de CDD ou d'intérim". Sans surprise, le patronat exclut toute augmentation du coût du travail, préférant l'option des économies, et particulièrement celles qui pourraient être dégagées du régime des intermittents du spectacle. Pour autant, observe Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3), "Pierre Gattaz, le président du Medef, ne brandit plus le retour à la dégressivité des allocations comme un passage obligé".

Là où les deux parties semblent trouver un terrain d'entente commun, c'est celui de la simplification des règles d'indemnisation tout comme "la mise en place de droits rechargeables […]".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)