Le handicap restreint l’accès à la prévention

Parmi les causes d’inégalité d’accès aux soins des personnes handicapées figurent les difficultés d’accès aux bâtiments ou à certains équipements médicaux. A l’Institut mutualiste Montsouris (IMM), une consultation de gynécologie obstétrique accueille les futures mères en situation de handicap. Ici, la sage-femme Béatrice Idiard-Chamois traduit en langue des signes les propos du Dr Henri Cohen, gynécologue-obstétricien, à sa patiente sourde.

Les inégalités d’accès à la prévention perdurent pour les personnes en situation de handicap. Elles accèdent moins aux dépistages, notamment pour les cancers du col de l’utérus, du sein et du côlon, indique une étude de l’Irdes.

Vaccination contre l’hépatite B, dépistages des cancers du col de l’utérus, du sein et du côlon : les personnes en situation de handicap qui vivent à domicile ont "un moindre accès" à ces actes de prévention que le reste de la population, indique une étude publiée le 11 juin par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).

Il faut inverser cette tendance, car, compte tenu de la progression de l’espérance de vie des personnes handicapées, "l’accès à la prévention et au dépistage constitue […] un levier permettant d’éviter une dégradation prématurée de leur état de santé ou la survenue de complications", explique l’Irdes.

Sans handicap, les recours aux dépistages des cancers du col de l’utérus et du sein atteignent environ 80%, 40% pour le côlon et 45% pour la vaccination contre l’hépatite B. Mais lorsqu’un handicap est déclaré, des écarts traduisant une plus faible participation sont mis en évidence. Ceux-ci sont "particulièrement importants pour les dépistages du cancer du col de l’utérus et du côlon", déplore l’Irdes.

Ainsi, pour le col de l’utérus, le taux moyen de recours au dépistage est réduit de 21 points chez les personnes déclarant "au moins une limitation visuelle", ce qui engendre seulement 65% de participation. L’Irdes relève également 17 points de moins en cas de handicap moteur, 14 points d’écart pour une limitation cognitive et 12 points en cas de difficulté auditive.

Avec ces mêmes critères, la participation au dépistage diminue respectivement de 6 à 18 points pour le cancer du côlon et de 4 à 10 points pour le cancer du sein selon le type de handicap déclaré. Par ailleurs, la vaccination contre l’hépatite B n’atteint que 22% en cas de limitation visuelle, au lieu de 45%, soit une différence de 23 points.

Inégalités accrues en fauteuil roulant

Lorsqu’une personne est en fauteuil roulant, ces inégalités d’accès aux soins sont renforcées : le recours au dépistage décroît de 14,5 points pour la réalisation d’un frottis, de 25 points pour une mammographie et de 27 points pour un test Hemoccult®.

Parmi les causes citées figurent les difficultés d’accès aux bâtiments ou à certains équipements médicaux, comme par exemple les tables de gynécologie inadaptées. Autres explications fournies par l’Irdes : la méconnaissance du handicap par le personnel soignant et la tarification insuffisante pour des consultations qui sont nécessairement plus longues. Enfin, ce phénomène général peut être accentué lorsque la personne se trouve dans "une situation sociale plus défavorisée" ou qu’elle bénéficie de l’allocation pour adultes handicapé (AAH).

Cliquer ici pour lire l’intégralité de l’étude de l’Irdes.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)