Le feuilleton du DMP

Alors qu'au 1er juillet, 48 millions d'assurés sociaux auraient dû pouvoir se connecter, via Internet, à leur dossier médical personnel (DMP), sa mise en place est considérablement retardée, souligne Le Monde dans son cahier Economie (page IV). Dans un long article, ce quotidien retrace les épisodes du "feuilleton ubuesque du dossier médical personnel".

Selon Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé en 2004, le DMP devait permettre d'économiser entre 3,5 et 6,5 milliards d'euros par an !

"Mais la pierre blanche a été remplacée par un trou noir après l'annonce d'un déficit de l'assurance maladie de 6,4 milliards d'euros pour 2007, au lieu des 2,5 milliards prévus", écrit

Antoine Reverchon dans Le Monde. La nouvelle ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a reconnu récemment que "les mesures de maîtrise médicalisée ont eu du mal à se mettre en place parce qu'elles sont techniques, comme le DMP". Sur ce sujet, elle a admis ne pouvoir avancer une date de mise en oeuvre, annonçant simplement son intention de "relancer cette affaire".

Le Monde énumère les incidents qui ont jalonné l'expérimentation du DMP. Le 21 novembre 2006, le groupement d'intérêt public (GIP), créé pour le lancement du DMP, admettait une faille dans la confidentialité du système. Ensuite, l'appel d'offres pour l'hébergeur de référence n'a été lancé que le 3 avril dernier, soit avec un an de retard sur le calendrier prévu ! De plus, le décret fixant les conditions de création, d'accès, d'alimentation et d'utilisation du DMP n'est toujours pas publié.

"L'erreur stratégique du DMP est d'avoir oublié le contexte social dans lequel il est censé se déployer : celui de professionnels autonomes et libéraux, que l'on ne peut mobiliser que sur la base du volontariat", fait observer Yann Bourgueil, chercheur à l'Institut de recherches et de documentation en économie de la santé (Irdes). "Pour que les professionnels coopèrent, il faut qu'ils se fassent confiance, sur la base d'une connaissance réciproque et de pratiques communes", ajoute-t-il.

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La Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) vient de publier un rapport destiné à améliorer l'efficacité du plan Borloo sur les services à la personne, indiquent Les Echos (page 26). Un domaine qui est d'ailleurs en progression constante. En effet, relève ce quotidien, le nombre de salariés (hors assistantes maternelles) a augmenté en 2006 de 200.000 à 1,49 million, soit environ 480.000 emplois équivalents temps plein.

Comme le rappellent Les Echos, "pour être éligibles aux soutiens publics, ces prestations doivent se dérouler exclusivement à domicile, ce qui constitue l'un des freins à son développement". Pour la CCIP, l'extension de ces services passe par "un aménagement de la réglementation de l'agrément qualité". "Trop rigide", estime ce quotidien, celle-ci ne permet pas, par exemple, d'accorder l'agrément pour une assistance informatique à distance, ce qui limite le développement d'une "offre complète de services".

John Sutton

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