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Le dossier médical partagé généralisé en octobre

A l’occasion de la remise d’un rapport sur l’amélioration de l’information sur le médicament, la ministre de la Santé a annoncé la généralisation du dossier médical partagé en octobre.

Comment tirer les leçons du Levothyrox ? La ministre de la Santé promet une information "plus accessible, claire et réactive" sur les médicaments. Deux mesures se dégagent de l'ensemble. Tout d'abord, Agnès Buzyn a annoncé la généralisation du dossier médical partagé (DMP) par l'assurance maladie sur l'ensemble du territoire. "Les annonces seront faites en octobre", a-t-elle précisé. Ce carnet de santé numérique est attendu depuis plus de dix ans, rappelle Libération.

La ministre entend également "encourager les remontées d'information de patients et de professionnels de santé", avec la mise en place dès cette année d'une "stratégie de promotion de la déclaration des événements indésirables et le développement des technologies permettant de repérer des signaux faibles d'alerte en dehors du système de pharmacovigilance". Libération s'étonne qu'Agnès Buzyn ait demandé que la communication d'urgence en cas d'alerte sur un médicament soit confiée à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), "celle-là même qui est passée à côté de la crise du Levothyrox", dénonce le quotidien. Agnès Buzyn a également décidé de mettre en place "une source unique d’information publique sur le médicament" en s’appuyant sur le site sante.fr.

"Les années récentes ont été jalonnées de plusieurs crises, de gravité variable, impliquant des médicaments (vaccination H1N1, Mediator, Dépakine, Levothyrox, pilules de troisième génération, Docétaxel, etc.)", rappelle la mission pour l'amélioration de l'information des patients et des professionnels de santé sur les médicaments.

"Ces crises présentent des points communs en ce qui concerne les problématiques d'information et de communication : toutes ont été déclenchées par des lanceurs d'alerte, toutes ont fait l'objet de controverses entre experts, et pour plusieurs d'entre elles il est encore à ce jour impossible de trancher l'aspect médical… Et toutes ont donné lieu à des critiques des autorités sanitaires pour leur lenteur à réagir, voire leur volonté plus ou moins active de soustraire des informations utiles à la connaissance des parties prenantes", poursuit-elle, citée dans Libération.

La mission liste les "sept erreurs" commises par l'ANSM, note Libération. Il y a d'abord l'absence d'anticipation et d'accompagnement à la décision de changement de formule du Levothyrox, "alors que les caractéristiques inhérentes au produit, le monopole du laboratoire, les précédents ainsi que le grand nombre de patients concernés auraient dû inciter les pouvoirs publics à informer plus largement, plus clairement et publiquement". Vient ensuite l'absence de réaction aux nombreux signaux. La mission pointe aussi "le biais techniciste" de l'information, qui s'est limitée à insister sur la légitimité scientifique du changement de formule. Puis, elle critique "la forme du message qui a prêté à confusion". Mais aussi, "le moment mal choisi" pour communiquer, et, quand le scandale est arrivé, "une communication de crise artisanale et insuffisamment coordonnée". Plus grave, "une minimisation du ressenti des patients et de la légitimité de leurs signalements".

Conclusion du rapport : "Les crises récentes impliquant des médicaments, et en particulier l’affaire du Levothyrox, témoignent d'une situation instable où l'on déplore des manquements à la transparence et à la réactivité que chacun est en droit d’attendre des autorités de police sanitaire sur des sujets de santé."

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JOHN SUTTON

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)