Le deuxième programme nutrition santé sur les rails

Un récent rapport remis au ministère de la Santé établit une liste de propositions pour le lancement de la seconde étape du programme national nutrition santé (PNNS). Plusieurs axes prioritaires ont été déterminés, dont l’amélioration de la prévention et une meilleure prise en charge de l’obésité.

Faire baisser le prix des fruits et des légumes, améliorer leur qualité et leur goût dans les cantines scolaires, renforcer le dépistage précoce de l’obésité… Ces mesures ont été avancées par le Pr. Hercberg, directeur de recherche à l’Inserm, dans son rapport remis au ministère de la Santé le 4 avril dernier.

Ce document vise à préparer la seconde étape du plan national nutrition santé (PNNS), lancé en 2001. Ces nouvelles mesures seront présentées en mai prochain par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Trois axes "d’actions prioritaires" sont d’ores et déjà mis en avant.

Prévention

Le premier porte sur des mesures de prévention nutritionnelles. Il s’agit pour l’essentiel de renforcer la promotion de la consommation de fruits et légumes et la pratique d’activités physiques. Le rapport préconise également de baisser leur prix, en jouant notamment sur une diminution de la TVA et une baisse des charges sociales pour les producteurs.

Autre proposition : créer des coupons "fruits et légumes" pour les personnes les plus défavorisées. Ces coupons, d’un montant de 5 euros, pourraient par exemple être distribués par les caisses d’allocations familiales aux personnes titulaires de la couverture maladie universelle (CMU) et aux allocataires des minima sociaux comme le RMI.

Obésité

Le deuxième axe prioritaire concerne la "prise en charge de l’obésité de l’enfant et de l’adulte." Le rapport recommande par exemple d’instaurer des actions de dépistage précoce de l’obésité des enfants dans le cadre de la médecine scolaire. Le Pr. Hercberg propose aussi de créer des réseaux de prise en charge de l’obésité (Repob) dans chaque région, chargés d’informer et de former le public et les professionnels de santé sur le problème de l’obésité.

Des outils d’éducation dédiés aux médecins traitants au profit de leurs patients pourraient être développés par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

Dénutrition

Enfin, dernier axe : l’amélioration de la prise en charge de la dénutrition, notamment chez les personnes âgées. Des consultations de prévention dédiées aux seniors pourraient être créées afin d’évaluer l’état nutritionnel des personnes âgées. Dans les établissements de soins accueillant principalement des patients âgés, le rapport conseille de recruter des diététicien(e)s spécifiquement formés à l’évaluation et la prise en charge de la dénutrition.