Le dépistage des troubles du langage oral

A 3 ans, votre enfant parle mal ou se réfugie dans un langage bébé, uniquement compréhensible par votre famille. Si ces troubles persistent, il est important d’en parler à votre médecin traitant, qui prescrira un bilan orthophonique.

Le bilan orthophonique

Cet ensemble de tests permet à l'orthophoniste, véritable spécialiste du langage, de situer l'enfant dans sa classe d'âge et de repérer d'éventuels retards et/ou troubles. L'évaluation portera ainsi sur l'articulation, la capacité à répéter voyelles, syllabes, mots de difficulté croissante ou encore l'aptitude à s'exprimer dans un langage signifiant. L'enfant est, par exemple, invité à nommer une image. L'orthophoniste observe si le mot est respecté ou déformé.

Que se passe-t-il après le bilan orthophonique ?

A partir du bilan, l'orthophoniste propose à l'enfant et ses parents un projet de rééducation. Généralement hebdomadaires, les séances comportent des activités ludiques personnalisées. Le traitement d'une difficulté d'articulation simple dure de six mois à un an. Un retard de parole important nécessitera de un à deux ans.

A partir de quel âge doit-on s'inquiéter d'un trouble du langage ?

"Avant l'âge de 3 ans, il faut s'alerter des régressions ou des retards de langage pouvant résulter de difficultés d'audition, de communication ou de comportement, explique la Dre Catherine Billard, neurologue à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Un trouble du langage chez un enfant de 3 ans doit amener à consulter pour éliminer ces causes." Le médecin évaluera les éventuels critères de gravité : inintelligibilité par quelqu'un d'autre que la mère, absence de phrases, difficultés de compréhension.

Quelles sont les principales causes de ces troubles ?

Elles peuvent être très variées : surdité, retard mental, troubles émotionnels… Les médecins parlent aussi d'un "trouble spécifique du langage oral", dont les origines, sans doute génétiques, sont mal connues. Enfin, l'origine socioculturelle et le bilinguisme influencent évidemment le langage oral.

"A 3 ans, personne ne comprenait Cyril quand il parlait, raconte sa mère, Caroline. Après un bilan, mon fils a commencé des séances chez une orthophoniste. Aujourd'hui, je constate qu'il fait de réels progrès."

La prise en charge par la Sécurité sociale

Le bilan orthophonique prescrit par un médecin est remboursé à 60 % par l'assurance maladie sur la base d'un tarif de 56,88 euros.

Nadine Allain

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)