Le cholestérol : un fléau encore mal connu

Chaque jour, 400 personnes décèdent en France de maladies cardio-vasculaires dues en partie au cholestérol. C’est le message que tient à faire passer la Fédération française de cardiologie (FFC) à l’occasion de ses 50 ans, encourageant chacun à "se prendre en main". Actuellement, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 12), "95% des Français de plus de 45 ans déclarent bien connaître ce fléau national". Or nombreux sont les médecins qui en doutent, tant le cholestérol véhicule d’idées reçues.

Déjà, note ce quotidien, il est faux de déclarer que le cholestérol est mauvais pour l’organisme. En effet, selon le Dr Laurent Sebagh, du service de cardiologie interventionnelle de l’Institut Cœur Paris Centre, sa présence est indispensable au fonctionnement de nos cellules. En revanche, c’est son excès qui est dangereux pour notre système cardio-vasculaire, puisqu’il est à l’origine de l’athérosclérose, c’est-à-dire du dépôt de cholestérol dans nos artères.

Cet excès de cholestérol n’est pas détectable par ceux qui en sont les victimes, car cette substance grasse, qui appartient à la famille des lipides, ne se signale par aucun symptôme particulier. De fait, le patient ne prend aucune disposition pour en abaisser le taux. Les maux de tête et les vertiges dont on le tient pour responsable sont plutôt le fait de l’hypertension. Les faiblesses musculaires, les nausées, la décoloration de la peau ou encore les rougeurs de la peau et des yeux ne sont pas non plus de son fait.

Le mauvais cholestérol n’est pas obligatoirement provoqué par un abus de "malbouffe", souligne le quotidien, puisque le diabète, les maladies du foie et des reins ou encore un dysfonctionnement de la thyroïde peuvent en être aussi responsables. En ce sens, "les personnes en surpoids ne sont pas les seules concernées" ; néanmoins, un régime contribue à en faire baisser le taux, car "un tiers du cholestérol est directement fabriqué par l’alimentation".

A ce titre, observe Le Figaro (page 9), de plus en plus de personnes qui en sont victimes s’orientent vers des compléments alimentaires dont "les principes actifs sont loin d’être anodins". Tous deux en tête des ventes, le guggul, qui est un extrait d’arbuste indien, et la levure de riz rouge sont de ceux-là. Cette dernière, soulignait par exemple l’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) en février 2013, "a des effets indésirables identiques à ceux des statines" en raison de la présence de monacoline K (ou lovastatine) dans sa composition. Or les notices oublient de le mentionner.

En Europe, en effet, "les compléments alimentaires ne sont pas soumis à la réglementation sur les médicaments mais à celle sur les denrées alimentaires", laquelle est bien plus souple car elle ne nécessite pas d’études cliniques avant la mise sur le marché.

Il n’empêche que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), alertée par 25 déclarations d’effets indésirables chez les utilisateurs de levure de riz rouge, a ouvert fin 2013 une consultation auprès des industriels, des professionnels de santé et des consommateurs. Elle doit prochainement rendre des conclusions sur les risques de santé liés à l’utilisation de ce produit, prévient Le Figaro.

 

Les cliniques privées menacent

Alors que le gouvernement est sur le point de fixer la liste des tarifs qui entreront en vigueur le 1er mars dans tous les établissements de santé, publics ou privés, les cliniques commerciales font planer plusieurs menaces pour obtenir satisfaction.

Même si cette grille de tarifs doit être officiellement dévoilée en fin de semaine, indiquent Les Echos (page 3), "les fédérations savent déjà plus ou moins à quoi s’en tenir". Pour ce qui est des hôpitaux, les tarifs devraient reculer de 0,3% en moyenne, annonce le quotidien. Côté cliniques, en revanche, le ministère de la Santé a laissé entendre que la baisse devrait être plus importante, ce qui a poussé la Fédération hospitalière privée (FHP) à lancer un mouvement "de résistance".

Raison invoquée par le gouvernement : la prise en compte du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice), dont les cliniques bénéficient, au même titre que toutes les entreprises privées et à l’inverse des établissements publics. Refusant cet argument, la FHP a déposé un recours auprès du Conseil d’Etat. Les cliniques menacent maintenant de ne plus recevoir les stagiaires infirmiers dans leur enceinte à partir du 1er mars si elles n’obtiennent pas de meilleurs tarifs.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)