Le Cese critique le projet de loi sur la dépendance

Le financement du projet de loi sur l’autonomie n’est "pas à la hauteur des ambitions" et l’examen du volet concernant les maisons de retraite prévu au cours de la seconde moitié du quinquennat "ne répond pas à l’urgence de la situation, ni aux besoins des personnes âgées", a estimé hier le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Ce projet de loi, centré sur le maintien à domicile, devrait être présenté au Conseil des ministres du 9 avril et discuté au Parlement à partir de juin, précise le quotidien Les Echos (page 2).

Si la revalorisation de l’allocation personnalisée à l’autonomie (Apa), d’un montant de 375 millions d’euros, est jugée "positive" par le Cese, elle reste "insuffisante au regard des besoins réels des personnes âgées", estime cette chambre, citée dans Le Figaro-économie (page 23). "Il faudrait plutôt entre 2 et 3 milliards d’euros, nous disent les acteurs du secteur", déclare Daniel Prada, corapporteur de l’avis. "On peut toujours faire mieux, mais la somme affichée n’est pas ridicule", s’est défendue hier la ministre déléguée aux Personnes âgées, Michèle Delaunay.

"Ce manque de moyens dont souffre l’Apa à domicile creuse les inégalités territoriales", relèvent Les Echos. Celles-ci peuvent varier de un à cinq ! "L’Apa n’est plus une allocation universelle", déplore François Fondard, président de l’Union nationale des associations familiales (Unaf).

Autre critique : le projet de loi ne vise que l’adaptation de 80 000 logements d’ici à 2017. "C’est louable, mais de faible portée car cet objectif ne représente que 0,3 % des logements concernés", note Monique Boutrand, également rapporteure du Cese, citée dans L’Humanité (page 7). Au terme de son analyse, le Cese espère que cet avis "donnera des pistes pour améliorer la loi".

 

Fonctionnaires : l’UMP veut rétablir le jour de carence

La polémique sur les arrêts de travail des fonctionnaires "revient sur le devant de la scène", constatent Les Echos (page 7). Les députés UMP ont déposé une proposition de loi pour rétablir la journée de carence, supprimée par le gouvernement. Ce texte sera examiné en commission dans quinze jours et débattu en séance le 17 avril.

"Les salariés du privé doivent attendre trois jours avant de toucher leurs indemnités journalières de la Sécurité sociale. Instaurer une journée de carence pour les fonctionnaires est une question de justice", juge Bérengère Poletti, députée UMP des Ardennes.

"Le texte n’a aucune chance d’être voté. Mais, pour l’opposition, cela permet de remettre sur la table un débat qui mobilise les électeurs de droite et qui met mal à l’aise une partie de la majorité", estime le quotidien économique. Outre cette mesure, la proposition de loi de l’UMP vise plus largement à renforcer les contrôles sur les arrêts maladie de tous les salariés. L’un des articles réduit le délai dont disposent les médecins contrôleurs désignés par les entreprises pour transmettre leur rapport à l’assurance maladie.

John Sutton

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