Le cannabis, phénomène de société

"Le cannabis est bel et bien devenu un phénomène de société dans l'Hexagone", constate Le Figaro (page 8). C'est le produit illicite le plus consommé et le plus facile à se procurer, d'autant plus que les prix ont chuté, relève l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) dans un rapport intitulé "Cannabis, données essentielles", publié hier.

Largement banalisé, le cannabis compte près de 4 millions de consommateurs occasionnels et 1,2 million d'usagers réguliers, souligne Le Monde (page 26). Plus d'un demi-million de Français allument un "joint" tous les jours. Ces chiffres placent notre pays parmi les pays les plus gros consommateurs en Europe, aux côtés de la République tchèque, de l'Espagne et du Royaume-Uni.

C'est en moyenne vers l'âge de 15 ans qu'on fume son premier "pétard". "Un adolescent peut commencer à fumer des joints pour lutter contre des difficultés d'endormissement. (...). Cet usage peut l'entraîner à fumer de plus en plus en plus régulièrement et le faire basculer vers la dépendance", a expliqué ce matin, sur France Info, le Dr Olivier Phan, psychiatre et responsable médical du centre Emergence de l'Institut mutualiste Montsouris (IMM) à Paris.

"Le cannabis s'est installé en France dans l'indifférence générale", affirme, dans Le Figaro, Marie Choquet, directrice de recherche à l'Inserm. "Il a fallu attendre le plan gouvernemental 2004 pour qu'une politique de prévention importante voie le jour, car le cannabis a longtemps été considéré comme une drogue de loisir, liée à la fête. Aujourd'hui, on connaît mieux les risques de dépendance et ses effets nocifs sur la santé mentale", estime-t-elle.

Cancers, maladies respiratoires, troubles psychiatriques : les méfaits sur la santé peuvent être multiples, "sans que les études explicitent toujours à quels niveaux de consommation ces risques sont susceptibles d'apparaître", souligne toutefois l'OFDT.

Si l'Etat a "accordé une priorité en termes de politique publique" à la prévention de la consommation du cannabis, souligne Jean-Michel Costes, directeur de l'OFDT, "du point de vue de la santé publique, les deux problèmes majeurs n'en demeurent pas moins l'alcool et le tabac, en termes de mortalité, de morbidité et de volumes de consommation". Ces deux produits licites sont souvent associés à la prise de cannabis.

Concernant la connaissance des risques, "il y a peu d'éléments nouveaux, l'avancée la plus importante étant le risque d'accidents de la route", relève le directeur de l'OFDT. Le nombre annuel de victimes de la route conduisant sous l'emprise du cannabis serait d'environ 230, sur un total de 6.000 morts par an.

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L'Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (Acam) souhaite renforcer son contrôle sur les mutuelles, selon son rapport annuel présenté hier, indique La Tribune (page 19). L'année 2006 a été l'occasion pour cet organisme, qui veille à la solvabilité des complémentaires santé, d'effectuer un véritable travail de recensement auprès des mutuelles et de disposer ainsi de données plus complètes qu'auparavant.

Avec un résultat net du secteur qui devrait dépasser 13 milliards d'euros, l'autorité de contrôle estime que "l'année 2006 a été prospère pour l'assurance en général", notent Les Echos (page 26). Par ailleurs, l'Acam se donne un an pour développer un contrôle préventif et élaborer une approche commune aux assureurs, aux mutuelles et aux institutions de prévoyance.

Cette supervision renforcée est notamment liée à la mise en oeuvre des nouvelles normes de solvabilité en Europe. Le projet de directive Solvency 2, publié hier par la Commission européenne, devrait couvrir tous les aspects prudentiels du secteur et "pourrait avoir un impact non négligeable sur les petites mutuelles", estime La Tribune.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)