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Le blues des blouses blanches

"Les infirmières libérales se sentent invisibles, elles souffrent du manque de reconnaissance des pouvoirs publics et des promesses jamais tenues par la classe politique", déplore Annick Touba, présidente du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil). Cette organisation fait partie de l'intersyndicale qui appelle aujourd'hui à une "journée de colère", qui devrait se traduire par une grève des soins, des blocages de routes et des perturbations de meetings politiques, précise Le Figaro-économie (page 19).

Prenant la suite des médecins et d'autres professionnels de santé, les infirmières tentent à leur tour de profiter de la campagne présidentielle pour exposer leurs revendications. Elles réclament en premier lieu une revalorisation de leurs tarifs, notamment de la visite à domicile et des actes réalisés le soir et le dimanche, précise L'Humanité (page 9). Leurs syndicats ont entamé fin 2006 la négociation de leur nouvelle convention avec l'assurance maladie. "Alors que les médecins ont bénéficié d'une hausse de 25% ces cinq dernières années, cela fait cinq ans que nos actes n'ont pas été revalorisés", s'insurge Philippe Tisserand, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 10).

"Si les différentes professions de santé se mobilisent actuellement, cela prouve que notre système de santé rencontre des problèmes en matière d'organisation. Mais les candidats à la présidentielle abordent assez peu cette question", a réagi ce matin Jean-Martin Cohen Solal, directeur général adjoint de la Mutualité française, au micro de BFM. "Les Français et les professionnels de santé souhaitent qu'on remette à plat le système de santé, qui n'est plus adapté aux réalités d'aujourd'hui", a-t-il constaté. "Les dépenses de santé augmentent de plus en plus dans notre pays, les usagers sont de moins en moins bien remboursés et les médecins ne sont pas si bien rémunérés que ça, comparativement à leurs homologues européens."

La Mutualité française appelle donc à une refonte en profondeur et non une politique au coup par coup : "Lorsque les dépenses de santé dérapent, on “repasse le bébé” aux mutuelles", a déploré Jean-Martin Cohen Solal. Mais au final, "à chaque transfert de charges sur les mutuelles, ce sont nos adhérents qui doivent payer plus pour accéder aux soins". Enfin, a-t-il conclu, "nous souhaitons notamment que les professionnels de santé fassent des efforts en matière de qualité".

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La pétition contre le projet de Nicolas Sarkozy d'instaurer des franchises non remboursables sur les soins a recueilli plus de 10.000 signatures, annonce Libération (page 16). Cette pétition a été lancée le 30 mars par des associations d'usagers et des personnalités du monde de la santé, telles que Christian Lehmann et Martin Winckler, tous deux médecins et écrivains. "Nicolas Sarkozy a une idée fixe. L'augmentation des dépenses de santé, c'est la faute des patients. Il faut donc les responsabiliser, c'est-à-dire les pénaliser financièrement pour qu'ils consomment moins, ou, au minimum, pour que la Sécu rembourse de moins en moins", affirme Christian Lehmann. Pour Christian Saout, président de l'association Aides, c'en est "fini de la Sécu de grand-papa, il va falloir payer de sa poche".