croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Pourquoi l’assurance maladie universelle est une mauvaise idée

Dans une tribune publiée dans Les Echos, Guy Vallancien et Claude Le Pen jugent inefficace l'idée d'une assurance maladie d'Etat. Ils plaident pour des rôles clarifiés dans un système "dual" et une évaluation plus fine de la pertinence des soins.

C'est une nouvelle pierre dans le débat sur le financement des dépenses de santé. Dans une tribune publiée ce 20 janvier 2017 dans Les Echos, Guy Vallancien professeur à l'Université Paris-Descartes, et Claude Le Pen, économiste de la santé, battent en brèche l'idée d'une possible "assurance maladie universelle" telle que l'imaginent Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), et Didier Tabuteau, responsable de la chaire Santé de Sciences Po.

S'ils voient dans cette position le mérite de poser la bonne question, les deux signataires de cette tribune estime qu'elle a "le défaut d'y répondre en proposant un modèle de système totalement étatisé, véritable « National Health Service » à la française, avec ses lourdeurs et son efficacité médiocre".

Alors qu'il conviendrait à leurs yeux de travailler à davantage de fluidité "pour assurer les meilleures prestations, compte tenu des évolutions technoscientifiques foudroyantes que connaît la médecine", cette option installerait au contraire "un système figé".

Les deux auteurs préconisent "une solution plus pragmatique" visant, selon eux, à davantage "coordonner l'action dans le respect des libertés de chacun des acteurs, des assurés aux professionnels de santé". Celle-ci passe par le maintien d'un "système dual" où, cependant, "le rôle des acteurs du financement sera mieux réparti".

Pour cela, proposent Guy Vallancien et Claude Le Pen, "il s'agira de déléguer dès le premier euro aux mutuelles, assureurs et organismes de prévoyance la prise en charge, non pas des « petits risques », terme absurde puisqu'on ne sait jamais si un symptôme banal témoigne d'une affection bénigne ou maligne, mais celle des frais induits jusqu'à X euros, à partir desquels un organisme public national interviendra pour financer le complément des dépenses, qu'il s'agisse de soins lourds ou pas, mais, dans tous les cas, de soins chers, voire très chers".

Les Français dans leur ensemble seraient ainsi assurés "par un organisme privé à un tarif conventionné et par la solidarité publique pour les plus démunis", poursuivent les signataires.

Pour eux, l'urgence est surtout à "l'évaluation de la pertinence et de la qualité globale des soins offerts (…) grâce à des questionnaires validés qui seront adressés régulièrement par courriel aux patients". Ce qui permettra "d'évaluer avec beaucoup plus de finesse les parcours de soins et leurs résultats pour définir les lignes de conduite à améliorer".

Autre point d'amélioration : faire la chasse aux examens redondants et/ou inutiles et "autres prestations sans valeur ajoutée quand bien même remboursées, ou encore les passages aux urgences et les hospitalisations sans raison véritable, toutes sources de gâchis considérables et inadmissibles".

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)