croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

La vaccination contre la grippe pose question

Suite au décès de 13 résidents d'une maison de retraite lyonnaise contaminés par la grippe, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a remis à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, son rapport d'enquête. Une des conclusions est que la campagne de vaccination au sein de l'établissement a manqué de rigueur.

Elles avaient en moyenne 91 ans et étaient toutes les treize résidentes de la même maison de retraite à Lyon. Entre le 23 décembre 2016 et le 7 janvier 2017, en pleine épidémie, la grippe les a frappées et elles en sont mortes. La ministre de la Santé avait alors demandé à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) de "diligenter une mission d’inspection pour identifier et analyser les causes à l’origine de cet événement exceptionnel". Lundi 6 février 2017, cette inspection a remis à Marisol Touraine ses conclusions dans un rapport dont fait état Le Monde.

En premier lieu, rapporte le quotidien, les inspecteurs reconnaissent que l'établissement du groupe Korian a pris les précautions nécessaires pour limiter les risques de contamination parmi les 102 pensionnaires et les soignants. Des dispositifs de lavage des mains ont notamment été mis en place, et les membres du personnel, tout comme les visiteurs, ont été informés que 72 des résidents avaient contracté la grippe. D'où le port obligatoire du masque et la limitation des visites. Pour ce qui est des soins, ils ont été prodigués "plutôt rapidement", indique le rapport.

L'Igas est, en revanche, plus réservée sur les mesures d'isolement et d'hygiène générale. Pour cet organisme, elles n'ont pas été appliquées "pendant plusieurs jours avec la rigueur souhaitable". Après les premiers cas, en effet, "une phase de répit s'est manifestée aux environs de Noël laissant croire que le danger était écarté". De fait, les visites avaient repris leur cours pour participer aux festivités organisées par l'établissement.

Autre grief relevé, celui du taux de couverture vaccinale des résidents. Selon les inspecteurs, celui-ci était de 40,2%, soit deux fois moins que l'hiver dernier (80%), ce qui dénote d'un "défaut de stratégie et de pilotage de la campagne de vaccination". Une mauvaise maîtrise rendue d'autant plus évidente que "des différences de pratique" ont été relevées selon les étages, et que le calendrier des opérations vaccinales s'est révélé être "tardif". A quoi il faut ajouter "un trop faible effort de persuasion pour convaincre les résidents et leurs proches de l’intérêt de la vaccination", observe l'Igas.

Pour ce qui est du personnel, en revanche, le document note que le taux de vaccination était plutôt élevé puisqu'il atteignait les 38%,  ce qui est nettement supérieur à la moyenne des personnels soignants en France des années précédentes (25%). Ce qui n'empêche pas les auteurs du rapport de soulever "la question de l’obligation vaccinale pour les personnels des établissements de santé et médico-sociaux ".

A lire aussi dans la presse

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)