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La télémédecine généralisée en septembre

Après un accord entre l’assurance maladie et les syndicats de médecins, les consultations à distance pourront démarrer dès l’automne 2018, partout en France.

Consulter un médecin, à distance par le biais d'une caméra reliée à un ordinateur ? Dès le 15 septembre 2018, ce sera possible partout en France, grâce à la mise en place de téléconsultations remboursées par l'assurance maladie, rapporte La Croix. Jusqu'à maintenant, la télémédecine, exercée via Internet, était uniquement expérimentée dans les Ehpad. Après trois mois de négociations entre l'assurance maladie et cinq syndicats de médecins libéraux, la fixation des tarifs de télémédecine est sur le point d'aboutir. La téléconsultation sera facturée 25 euros pour les généralistes (le même montant que pour une consultation classique) et 30 euros pour les spécialistes.

"Dans l'immense majorité des cas, les patients continueront à aller chez leur médecin. Mais dans cinq ans, il y a aura plusieurs millions d'actes de télémédecine chaque année", estime la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), citée dans La Croix.

"La téléconsultation pourra être un recours pour les patients peu mobiles ou âgés. Elle pourra aussi faciliter l'accès à un médecin dans les zones sous-dotées", ajoute-t-elle, en précisant que le recueil du consentement du patient sera obligatoire : aucune consultation à distance ne pourra être imposée, et celle-ci devra se faire par visio-conférence, et non par un simple échange téléphonique. "Il est très important que médecins et patients puissent se voir, même par écran interposé", souligne Lydie Canipel, secrétaire générale de la Société française de télémédecine (SFT).

Jusqu'à aujourd'hui, seuls quelques projets financés par les agences régionales de santé (ARS) ont vu le jour. Comme à Oberbruck (Haut Rhin), un petit village de 400 habitants qui a ouvert un cabinet de téléconsultation, en 2016. Les téléconsultations sont assurées par six généralistes qui exercent notamment à Bordeaux, Avignon, ou Toulon. "Mais grâce à Internet, c'est un peu comme s'ils étaient dans la pièce. Le dialogue se fait en général très facilement avec le patient", explique, dans La Croix, Gaétan Van Esbroeck, un des deux infirmiers chargés de l'accueil. Ils disposent chacun d'un chariot de télémédecine permettant de faire certains examens analysés en direct par le praticien. "Un électrocardiogramme, une auscultation cardiaque ou pulmonaire, une échographie, un fond d'œil, un examen des conduits auditifs avec un otoscope. Nous disposons aussi d'un smartphone qui permet de filmer de près une plaie ou une lésion dermatologique", indique l'infirmier.

La télémédecine semble aussi bien adaptée aux personnes âgées résidant en Ehpad, dont les consultations sont remboursées depuis novembre par l'assurance maladie. Nathalie Salles, professeure de gériatrie au CHU de Bordeaux, assure que cette consultation, via un ordinateur, ne semble pas perturber ces patients âgés, parfois désorientés.

"Au départ, certaines familles disaient que c'était de la médecine au rabais. Et que plutôt que d'appeler un médecin, on mettait leurs proches devant un ordinateur, constate-t-elle, dans La Croix. Aujourd’hui, ça va mieux, surtout depuis qu'on leur a expliqué qu'en Ehpad, 25% des patients doivent parfois renoncer à voir un médecin faute de pouvoir être déplacés à l'hôpital".

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JOHN SUTTON

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