La santé comme priorité

La santé figure parmi les dossiers prioritaires qui attendent le futur chef de l'Etat, indique Le Monde dans son cahier Economie (pages I à VII). Comme l'explique ce quotidien, "l'égalité des soins de qualité sur l'ensemble du territoire" n'est pas respectée. Pour preuve, poursuit Le Monde, "la proportion de personnes ayant reçu des soins dentaires dans le mois écoulé est deux fois plus importante parmi les cadres supérieurs que parmi les ouvriers". Ces disparités se retrouvent aussi concernant la mortalité. Ainsi, le taux de mortalité des travailleurs manuels est 1,7 fois plus important que celui des non-manuels.

En outre, le futur gouvernement va être confronté à des comptes sociaux qui font pâle figure. Pour réduire le déficit de l'assurance maladie, un plan a été déployé tous les dix-huit mois en moyenne depuis 1976. Parmi les décisions les plus récentes figurent les déremboursements de médicaments ou la hausse des forfaits hospitaliers.

La prochaine étape devrait être celle des franchises médicales. Il s'agit d'une des propositions de Nicolas Sarkozy lors de la campagne électorale, rappelle La Tribune (page 10). Le dispositif préconisé se compose de quatre franchises liées aux dépenses de médicaments, aux consultations, aux examens biologiques et aux hospitalisations. " Cela signifie que les assurés sociaux ne seront pas remboursés sur les premiers euros dépensés", précise La Croix (page 4).

Leur montant n'est pas déterminé et il devrait varier en fonction du respect, ou non, de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie. Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy en a expliqué le procédé : "On fera chaque année un débat devant le Parlement. Si l'assurance maladie est équilibrée, on baissera la franchise ; si l'assurance maladie n'est pas équilibrée, on augmentera la franchise", rappelle La Tribune. Le futur président de la République souhaite qu'elles ne soient pas prises en charge par un organisme complémentaire "mais il a précisé que ce point fera l'objet d'une discussion avec les partenaires sociaux, dès cet été ", écrit La Tribune.

Ce dispositif " rencontre une forte opposition, au sein même du camp UMP", relève ce quotidien économique. Avant d'ajouter : "Les spécialistes de la Sécurité sociale craignent la création d'une usine à gaz et nombre de médecins s'inquiètent d'une incompatibilité avec le maintien de l'accès aux soins pour tous." Comme le rapporte La Croix, "même la CSMF, principal syndicat de médecins libéraux et plutôt classé à droite, estimait en avril qu'une franchise annuelle risquait d'être un obstacle à l'accès aux soins pour les moins favorisés".

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Selon une étude réalisée en 2004 par les ministères de la Santé et de l'Education nationale, les élèves de Zep ont davantage de problème de santé que les élèves scolarisés dans les quartiers aisés, rapporte Libération (page 13). Ce rapport officiel laisse en effet apparaître que certaines pathologies dentaires, visuelles ou liées au surpoids s'expliquent par des facteurs sociaux.

Ainsi, près de 21% des élèves scolarisés en 3e dans les collèges situés en Zep sont en surpoids ou obèses, contre 16,1% hors Zep. Sur le plan dentaire, cette différence est tout aussi notable. De façon générale, les adolescents de 3e ont 1,6 carie. Or, " plus de 10% des élèves scolarisés en Zep ont au moins deux dents cariées, contre à peine 4% des élèves hors Zep". Même situation pour les problèmes visuels. Il a été ainsi constaté que 28,9% des élèves hors Zep portent des lunettes ou des lentilles contre 24,2% en Zep. "Le coût et le mauvais remboursement par la Sécurité sociale doivent peser lourd dans la décision des parents", commente Libération.