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La riposte des irradiés

Une quinzaine des 145 victimes d'une surexposition aux rayons ionisants due à un accident médical, survenu entre avril 2006 et avril 2007 à l'hôpital de Rangueil (Toulouse), vont saisir la justice, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 13).

Même si l'enquête sanitaire lancée par le ministère de la Santé n'est pas encore totalement achevée, il apparaît d'ores et déjà que le surdosage des rayons est à l'origine de troubles de santé graves "chez plus d'un irradié sur deux", rapporte ce quotidien.

Ainsi, l'un des patients a dû être opéré cet été, en urgence, victime "d'un excès de pression dans le cerveau, suite à une présence trop forte de liquide céphalorachidien". Selon toute vraisemblance, la surexposition en est à l'origine, de même que sa surdité à 100%.

Un rapport "très sévère" que doivent publier l'inspection générale des Affaires sociales et l'Autorité de sûreté nucléaire indique qu'un "problème de calibrage des faisceaux", mais également des "erreurs humaines à répétition", "des défauts de formation de certains personnels" et des "carences dans certaines autorisations" sont à l'origine de ces dysfonctionnements graves.

Selon Le Parisien/Aujourd'hui, le ministère de la Santé prépare "discrètement un plan d'ampleur pour réorganiser en France la radiothérapie, un traitement suivi par 180.000 patients tous les ans".

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A partir d'aujourd'hui, les Français qui le souhaitent pourront "travailler plus pour gagner plus", selon l'expression du président de la République. En effet, la loi sur la détaxation des heures supplémentaires entre ce jour en vigueur dans le cadre du "paquet fiscal".

Comme l'explique Libération (page 9), "les heures travaillées au-delà de la durée légale de 35 heures par semaine ou 218 jours devront systématiquement être payées 25% de plus qu'une heure normale". Cette rémunération ne sera pas soumise à l'impôt sur le revenu et sera dispensée d'une large part de cotisations sociales.

Cet assouplissement de la législation n'est pas le premier, rappelle Le Figaro (page 26). En 2003, alors qu'il était ministre du Travail, François Fillon avait étendu de 130 à 180 le quota des heures supplémentaires. Deux ans plus tard, son successeur, Gérard Larcher, avait porté à son tour ce quota à 220 heures, et permis aux salariés de "revendre à leur employeur les jours de RTT stockés sur leur compte épargne temps".

Ces deux mesures n'ont jamais été vraiment adoptées par les entreprises. Aujourd'hui, prévoit L'Humanité (page 5), "peu de salariés vont être concernés" car une nouvelle augmentation massive du nombre d'heures est peu probable.

"Pour que la réforme atteigne réellement son objectif, encore faut-il que les employeurs proposent plus d'heures supplémentaires", font valoir Les Echos (page 4). "C'est tout l'enjeu et c'est là que le bât blesse", car un certain désenchantement se fait sentir chez les patrons, notamment ceux des PME.

Après avoir fait les comptes, "les sourires qui avaient accompagné en début d'année l'annonce de cette mesure se sont estompés", note ce quotidien économique. Pour la CGPME, par exemple, "la réforme n'est pas très incitative" car elle concerne moins la compétitivité de l'entreprise que le pouvoir d'achat du salarié.

Selon Libération, la détaxation des heures supplémentaires a également "du mal à convaincre à droite". Pour Jean Arthuis, président UMP de la commission des Finances du Sénat, cette défiscalisation est "une autre usine à gaz". Sa préférence se porte sur une remise en cause plus nette des 35 heures.

Cette mesure est de surcroît coûteuse pour l'Etat puisque le manque à gagner en cotisations non versées à la Sécurité sociale atteindra 5,1 milliards, explique Libération. "Alors que la croissance s'annonce molle et que les déficits vont continuer à se creuser", le gouvernement prend un pari économique risqué "qu'il va falloir assumer".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)