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La pauvreté s’ancre dans la société

La 30e campagne hivernale des Restos du cœur démarre aujourd’hui avec la crainte de battre un triste nouveau record, celui de servir davantage de repas que l’an dernier. Sur la période 2013-2014, rappelle Le Parisien/Au­jourd’hui, l’association créée par Coluche a servi dans ses 21.090 centres près de 130 millions de repas aux plus démunis. Pour cette nouvelle édition, les donateurs particuliers sont donc "plus que jamais sollicités".

L’an dernier, indique le quotidien, "les Français ont mis la main au porte-monnaie à hauteur de 64 millions d’euros (hors legs)". Bien que les dons aient été moins nombreux que l’année précédente (– 6%), le chiffre est tout de même resté stable en raison de montants heureusement plus élevés. L’augmentation du nombre repas servis par les Restos du cœur ou toute autre association de ce type est à mettre en relation avec celui des bénéficiaires du RSA-socle, souligne Libération (pages 10 et 11).

Au cours des cinq dernières années, ce minimum vital destiné à ceux qui n’ont plus aucun revenu a vu le nombre de ses allocataires augmenter de 260.000, soit une progression de 25% entre 2009 et 2013, où ils étaient 1,32 million. Avec la crise qui a éclaté fin 2008, l’activité économique s’est en effet ralentie, le chômage a augmenté et la précarité s’est installée chez de nombreux demandeurs d’emploi, obligés de se rabattre sur les minima sociaux.

"Les statistiques officielles corroborent d’ailleurs ces impressions de terrain des associations, écrit Libération. 8,5 millions de personnes (soit 13,9% de la population française) vivaient sous le seuil de pauvreté en 2012 (dernier chiffre officiel connu) contre 8,1 millions de personnes en 2009."

Certes, "depuis son arrivée aux affaires, la gauche a bien lancé, en janvier 2013, un plan de lutte contre la pauvreté, comportant notamment une revalorisation du montant du RSA-socle, ou encore l’ouverture de la CMU-C (donnant accès à des soins gratuits) à 500.000 personnes supplémentaires". Mais en dépit de ces efforts "la situation économique a été plus forte que les mesures d’accompagnement social".

A lire aussi – La BPCO, une maladie méconnue

Elle concerne 3,5 millions de Français, ses répercussions sont considérables et, pourtant, la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie complexe du poumon dont on parle peu, même si un colloque lui est annuellement consacré. Le dernier s’est tenu le 12 novembre à Paris.

Touchant surtout les fumeurs ou les anciens fumeurs, la BPCO se caractérise par "une inflammation chronique de l’arbre respiratoire, responsable d’une toux grasse, souvent dès le matin, et d’une sensibilité accrue aux infections", rapporte Le Figaro (page 11). Progressivement les alvéoles pulmonaires, ces petits sacs terminaux où se font les échanges gazeux nécessaires à la vie, se détruisent (emphysème). D’où l’essoufflement progressif (dyspnée), d’abord à l’effort puis même au repos.

Nombreuses sont les personnes à n’avoir pas conscience qu’elles sont déjà atteintes, observent les spécialistes. D’après le professeur Bruno Housset, président de la Fédération française de pneumologie, "une personne sur six découvre sa maladie le jour où elle est hospitalisée pour une décompensation respiratoire !".

Il suffit pourtant d’une mesure du souffle à l’aide d’un mini-spiromètre électronique pour que le diagnostic soit suspecté, avant confirmation par des examens plus sophistiqués chez un pneumologue. "Faute de remboursement du matériel jetable nécessaire, la mesure ne s’est jamais répandue chez les médecins généralistes", déplore Le Figaro.

La Mutualité Française a lancé l’an dernier une expérimentation de la détection de cette maladie en officine, rappelle-t-on. Celle-ci est menée auprès des adhérents de 9 mutuelles volontaires, invités à bénéficier d’une mesure de leur souffle en pharmacie.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)