La Mutualité veut donner toute sa place à la santé dans la campagne présidentielle

La Mutualité Française a lancé le 18 mars une campagne dans la presse nationale et régionale. Son objectif : placer la santé au coeur du débat électoral.

"Nous ne serons jamais égaux face à la maladie. Mais l'accès aux soins doit être égal pour tous." La Mutualité Française veut, au travers de sa nouvelle campagne, interpeller les candidats à l'élection présidentielle sur les dysfonctionnements dont souffre notre système de santé.

Cette campagne met l'accent sur quatre problèmes prioritaires d'inégalités d'accès aux soins : mauvaise répartition des médecins sur le territoire, délais d'attente excessifs pénalisant les malades, sous-équipement médical au niveau de certaines régions, multiplications des dépassements d'honoraires…

Trois grandes interrogations pour les candidats
"Avec cette campagne, la Mutualité Française veut placer la santé au coeur du débat électoral car, jusqu'à présent, les propositions formulées par les candidats n'ont été que parcellaires", déplore Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité Française. "Sans une réponse globale prenant en compte l'ensemble des besoins de nos concitoyens, qu'ils soient médicaux ou financiers, nous n'arriveront pas à faire en sorte que tous les patients accèdent à des soins de qualité", lance-t-il. La campagne est diffusée dans la presse nationale et régionale du 18 mars au 2 avril.

Jean-Pierre Davant a déjà présenté aux candidats les analyses, les propositions et les inquiétudes de la Mutualité Française dans une tribune publiée dans "Le Monde" du 7 mars 2007. Il devrait également rencontrer les principaux candidats d'ici au premier tour des élections pour aborder trois questions essentielles : comment garantir l'égalité d'accès aux soins ? Comment améliorer la qualité du système de santé ? Comment préserver la solidarité, notamment entre générations, dans le système de protection sociale ?

Quatre thèmes pour illustrer les inégalités d'accès aux soins

Parallèlement à sa campagne dans la presse, la Mutualité Française édite également un dépliant de quatre pages qui illustre les problèmes d'accès aux soins. Voici les quatre thèmes retenus :

1. La répartition inégale des médecins sur le territoire

Selon les régions, le nombre de médecin varie du simple au triple. Ils sont plus nombreux à exercer dans les départements du pourtour méditerranéen, dans le sud-ouest ainsi qu'en région parisienne, d'après les chiffres du système national interrégime (SNIR).

2. Le niveau d'équipement des régions inégal. Exemple : l'IRM

Le nombre d'équipements d'imagerie par résonance magnétique (IRM) varie considérablement d'une région à l'autre. Cette technique, sans irradiations, permet d'obtenir des images très précises de certaines zones du corps et de détecter des tumeurs à un stade précoce. Elle est particulièrement efficace pour l'exploration du cerveau, de la moelle épinière ou encore des articulations.

3. La présence de médecins spécialistes de secteur 1 menacée dans certains départements

Dans de nombreux départements, il devient difficile de trouver un médecin spécialiste qui respecte les tarifs fixés par la Sécu. A Paris par exemple, moins de trois spécialistes sur dix exercent en effet en secteur 1. Les médecins spécialistes de secteur 1 respectent les tarifs fixés par les pouvoirs publics et ne facturent pas de dépassement d'honoraires, contrairement à leurs confrères de secteur 2 qui fixent librement leurs tarifs.

4. Les dépassements d'honoraires conséquents dans certains départements

Selon les départements, les dépassements d'honoraires facturés par les médecins spécialistes de secteur 2 varient du simple au quadruple.