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La médecine du travail sur la voie de la réforme

Le rapport qui sera examiné demain par le Conseil d'orientation sur les conditions de travail (COCT) pourrait avoir d'importantes conséquences sur la médecine du travail. Intitulé "Aptitude et médecine du travail", ce document a déjà été présenté ce mois-ci par le député socialiste Michel Issindou au gouvernement. Ce dernier souhaite simplifier la médecine du travail afin de "faciliter la vie des em­ployeurs", précise Le Parisien/Au­jourd'hui (page 8), mais aussi alléger la profession de certaines difficultés.

Aujourd'hui, note le quotidien, l'âge moyen des 5.700 médecins du travail avoisine les 55 ans, et on ne compte qu'un praticien pour 3.500 salariés. De plus, les médecins du travail sont de plus en plus confrontés à des maux directement provoqués par l'intensification du travail.

Pour toutes ces raisons, un certain nombre de mesures sont préconisées, notamment le remplacement de la visite d'embauche par une visite d'information et de prévention. Celle-ci serait réalisée par un infirmier en lien avec le médecin et n'aurait lieu que tous les cinq ans au lieu de deux comme actuellement. Une initiative qui est critiquée par l'association Santé et médecine du travail, puisqu'"en supprimant la visite tous les deux ans, et vu l'envolée des contrats précaires, il y a des salariés qu'on ne verra jamais".

Souvent contestée, bien que considérée comme un "garde-fou", la fiche d'aptitude remise à chaque salarié à l'issue de chacune des visites serait également supprimée, "sauf pour des postes présentant des risques accrus pour la sécurité des personnes (conducteurs de train, de bus, grutier, etc.)". Mais le rapport propose de mieux suivre ces postes à risque, ajoute Le Parisien/Aujourd'hui.

Par ailleurs, ce document donne un pouvoir d'influence accru aux médecins du travail. Par exemple, "si un salarié jugé inapte refusait une adaptation du poste de travail ou un reclassement préconisés par le médecin du travail et ne modifiant pas le contrat de travail, cela pourrait constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement", écrit le quotidien. Cette mesure laisse craindre une augmentation du nombre de chômeurs, voire de chômeurs de longue durée, si le salarié jugé "inapte" a plus de 50 ans.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)