La loi Travail à nouveau contestée dans la rue

Comparée à la manifestation du 9 mars 2016, qui n'était qu'un "tour de chauffe", selon l'expression du Parisien/Aujourd'hui, la mobilisation de ce jeudi 31 mars contre le projet de réforme du Code du travail risque de prendre une autre tournure. "Les choses sérieuses commencent aujourd'hui", prévient ainsi le quotidien.

Plus de 200 défilés sont en effet prévus en France, contre 144 il y a trois semaines, et tous les opposants au texte de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, protesteront de façon unie.

A commencer par les salariés et les étudiants. Les syndicats évidemment seront en première ligne, particulièrement la CGT, FO et Solidaires, farouches partisans du retrait de ce projet.

Depuis le 3 mars, ce bloc constitue celui des "contestataires", rappelle Libération, tandis que la CFDT, la CFTC, l'Unsa et la CGC, qui ont obtenu du gouvernement quelques retouches au texte, forment le bloc des "réformistes".

Néanmoins, ajoute le site du journal, cette fracture syndicale est moins nette sur le terrain car certaines fédérations syndicales désobéissent à leur centrale et comptent participer à la mobilisation d'aujourd'hui. C'est le cas de la CFDT de la métallurgie, de la CFDT culture ou bien encore de la CFE-CGC des métiers de l’informatique et du numérique et celle de l'énergie.

Entre 200.000 et 450.000 manifestants avaient défilé le 9 mars. Ce jeudi, ce sera assurément plus, prévient Le Parisien/Aujourd'hui, qui ajoute que "l'Elysée comme Matignon s'y attendent d'ailleurs". "Mais quel que soit le nombre de manifestants, poursuit Le Monde, le gouvernement n'a aucunement l'intention de retirer sa réforme", considérant y avoir déjà apporté des "changements significatifs".

Place maintenant à l'examen parlementaire. Mardi, la ministre du Travail a été auditionnée par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, à qui elle a indiqué qu'il n'était plus question de "dénaturer la philosophie" de son texte. A partir du 5 avril 2016, enchaîne Le Figaro, les députés démarreront son examen "avant le débat en séance, prévu le 3 mai". Des délais serrés, car "le gouvernement souhaite faire adopter le texte d'ici l'été".

D'ici là, d'autres aménagements pourraient encore intervenir, car "le patronat, lui, se prépare au débat parlementaire en faisant bloc", écrit Le Figaro. Le Medef, la CGPME et cinq autres organisations patronales viennent en effet de faire un appel solennel à Manuel Valls pour encore modifier le texte.

D'après Le Monde, "un lot de mesures nouvelles en faveur des petites et moyennes entreprises" pourrait par exemple être adopté, ces dernières s'estimant lésées par la réécriture du projet de loi.

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Frédéric Lavignette

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