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La loi Macron passe en force

Grâce à l'article 49-3 de la Constitution utilisé hier par le Premier ministre, le projet de loi Macron a été adopté hier à l'Assemblée, mais sans vote. De peur de soumettre le texte de son ministre de l'Economie à un suffrage incertain, Manuel Valls a préféré utiliser cette "arme de dissuasion parlementaire par excellence", explique Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3).

Ce n'est pas tant les députés de l'opposition que redoutait le chef du gouvernement, mais plutôt les frondeurs socialistes qui auraient pu mettre en péril cette loi qualifiée d'"essentielle pour notre économie" par Manuel Valls. Pour une partie des élus de la majorité résolus à voter contre, il n'était, en effet, pas question d'approuver ce texte d'"inspiration libérale", avec ses nouvelles règles de licenciements collectifs, sa réforme des prud'hommes et son extension du travail dominical, rapportent Les Echos (pages 2 et 3).

Bercy, poursuit le quotidien économique, misait néanmoins "sur les amendements votés en séance encadrant les accords collectifs sur le travail dominical (compensations nécessaires pour les gardes d'enfants, inclusion des salariés travaillant dans les “corners” des grands magasins et suppression de toute décision unilatérale de l'employeur pour les TPE qui n'ont pas de délégués du personnel) pour convaincre les députés de la majorité. En vain". Pour les députés frondeurs, poursuit Libération (pages 2 à 4), "ce sont les “lobbys” et les “pa­trons” qui ont bénéficié des amendements. Pas eux".

Avec ce passage en force, une chose est sûre : il n'y a "ni gagnants ni perdants", avance Le Parisien/Aujourd'hui. En tout cas, les fractures dans les rangs de la majorité sont désormais exposées "au grand jour". Dans un entretien à Libération, le député d'opposition (PR) Yves Jégo estime que le recours au 49-3 reflète l'"habileté du Premier ministre, qui évite ce qui aurait sans doute pu lui arriver de pire : que sa loi soit votée grâce aux voix de la droite. A un mois des départementales, une telle situation aurait hystérisé la gauche".

La majorité obtenue lors du vote de confiance des députés, le 8 avril 2014, aura finalement tenu 315 jours, compte L'Humanité (pages 4 et 5). "Sur le plan politique, le coup est rude et la mine abattue d'Emmanuel Macron en témoignait", écrivent Les Echos.

Cependant, ajoute L'Humanité, "une nouvelle épreuve de force" va s'ouvrir pour la majorité. En effet, le chef du gouvernement compte "sur la discussion de la motion de censure déposée par la droite hier pour mettre un marché impossible entre les mains des députés PS : soit rejeter le texte Macron en votant la motion avec la droite pour faire tomber le gouvernement, soit se taire et laisser passer la loi Macron".

 

A lire aussi – Les dangers de la non-observance

Selon une étude du cabinet Jalma intitulée "Les enjeux de l'observance en France", près d'un quart des médicaments prescrits ne seraient pas utilisés par les patients, ce qui occasionnerait 12.000 décès annuels. Dans le cadre de cette enquête, raconte Le Parisien/Au­jourd'hui (page 10), sept pathologies graves ont particulièrement retenu l'attention car elles "vont parfois de pair avec des traitements longs, voire à vie, souvent lourds et contraignants".

Les premières conclusions laissent apparaître que l'absence de prise de médicaments est surtout le fait de "personnes souffrant d'une maladie où le risque est mortel". Concrètement, écrit le quotidien, "on n'achète tout simplement pas les médicaments ou on les prend de façon irrégulière, certains arrêtent le traitement avant l'heure...".

C'est le cas notamment des personnes atteintes du sida, chez lesquelles "le respect d'une trithérapie n'est que de 64%", ou encore des transplantés du rein qui sont 66% à prendre leurs médicaments convenablement. De leur côté, 20% des personnes atteintes de maladies chroniques (hypertension, cholestérol, diabète) seraient dans la non-observance.

"L'oubli, les effets secondaires, le manque de conviction en l'intérêt médical du traitement font partie des facteurs qui expliquent ce comportement, souligne Le Parisien/Aujourd'hui. Toutefois, les problèmes financiers pèsent également dans la balance."

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)