croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

La liberté d’installation en question

Pour une fois, constate La Croix (pages 2 et 3), les médecins ne semblent pas se satisfaire des initiatives de la droite. Au lendemain de l'élection, "le réveil est plutôt brutal" pour la profession.

C'est "Nicolas Sarkozy qui a mis le feu aux poudres le 18 septembre au Sénat" en déclarant qu'"il n'est pas normal (...) que la répartition des médecins sur le territoire soit aussi inégale", rappelle le quotidien.

Le chef de l'Etat a cité en exemple le récent protocole d'accord signé entre l'assurance maladie et les infirmières. Celui-ci, selon les zones, incite ou empêche ces professionnelles de s'installer en fonction de la densité médicale constatée.

Selon La Croix, "jamais les médecins n'ont été aussi nombreux en France. Au 1er janvier 2007, on recensait 213.995 médecins en activité (...) parmi lesquels 104.585 généralistes et 103.606 spécialistes".

En proportion, les régions Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur sont surreprésentées. On y compte 416 médecins pour 100.000 habitants. A l'inverse, on en recense 274 en Haute-Normandie, 270 dans la région Centre et 260 en Picardie.

Cette mesure consistant à limiter la liberté d'installation des médecins est "une fausse bonne idée", déclare Jean de Kervasdoué, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Pour lui, la France a certes "la plus forte densité de médecins de son histoire et du monde", mais cette disparité géographique professionnelle est la simple "conséquence du mouvement de désertification que connaissent les zones rurales".

En somme, "il n'y a pas beaucoup de médecins mais il n'y a pas non plus beaucoup de patients". Par conséquent, cet ancien directeur des hôpitaux ne croit pas à cette mesure coercitive, notamment parce qu'elle risque de "détourner les étudiants de la médecine générale".

En revanche, l'actuel président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Claude Evin, considère qu'il y a "un vrai problème de maintien du service public de santé".

Dans un entretien accordé aux Echos (page 4), l'ancien ministre de la Santé s'interroge ouvertement : "Est-il normal que l'on conventionne les médecins, ce qui implique un investissement d'argent public, quand ils s'installent là où ils sont trop nombreux ?" Il suggère alors que l'assurance maladie ne prenne plus en charge, par exemple, leurs cotisations sociales comme cela se fait déjà pour les médecins exerçant en secteur 2.

Claude Evin propose également que les hôpitaux locaux jouent "un rôle clef en proposant des plates-formes de services : bureaux, cabinet de radiologie, interdisciplinarité" pour attirer les professionnels de santé "là où on a besoin d'eux".

Mais pour cela il faudrait que l'enveloppe budgétaire allouée aux établissements de santé soit plus conséquente. En effet, observe L'Humanité (page 7), cette année la progression de ce budget n'est que de 3,2% alors que la FHF souhaitait une hausse de 4% "pour répondre à la seule évolution des besoins".

A lire aussi – Les Français et leur santé

Malgré les recommandations qui leur sont faites, 13 millions de Français se soucient peu de leur santé, révèle un sondage réalisé par l'Ifop. "Deux Français sur trois prennent des risques avec leur santé", annoncent Les Echos (page 13).

Quatre catégories sont distinguées. Les "insouciants" représentent 29% du total des personnes interrogées. Ils sont jeunes, se soucient assez peu de leur hygiène de vie, consultent peu les médecins, préfèrent les médecines douces et sont assez insensibles aux messages de prévention.

Viennent ensuite les "classiques" évalués à 25%. Ceux-là, dotés d'un haut niveau d'études et le plus souvent âgés, adoptent des principes d'hygiène de vie et consultent régulièrement.

Les "préventifs" représentent 24% des personnes sondées. Ce sont surtout des femmes, assez informées et "très attentives à la gestion de leur capital santé". Elles pratiquent l'exercice physique et consomment sainement.

Enfin, les "fatalistes", soit 24% de la population, adoptent un comportement à l'opposé. Ils sont jeunes, peu éduqués, attendent d'être malades pour se prendre en charge et "sont conscients des risques mais ne font rien pour les éviter". Même si son nombre est en baisse, ce groupe représente tout de même 9,9 millions de Français.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)