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La grippe A défie le système de soins

"Jamais, dans l'histoire récente, n'a été organisée une campagne de vaccination aussi massive, destinée à toute la population." Comme la plupart des quotidiens, La Croix (pages 2 à 3) indique que six millions de Français jugés prioritaires sont appelés aujourd'hui à se faire vacciner contre la grippe A.

Il s'agit de personnes présentant un facteur de risque connu (diabète, troubles cardiaques, asthme...) ou encore celles qui sont en contact avec des nourrissons de moins de 6 mois. Si elles le souhaitent, elles peuvent se rendre dans l'un des centres dédiés à la vaccination. Un millier de ces lieux ont été ouverts sur le territoire : des gymnases et des salles de sport, le plus souvent. "Derrière cette rusticité des installations se cache une organisation très complexe", préviennent Les Echos (page 13).

Comme le précise le quotidien, "le circuit type comprend 4 étapes principales : accueil et vérification des documents de l'assurance maladie, entretien de confirmation pour détecter les contre-indications, injection par des professionnels de santé, validation administrative de l'acte pour assurer sa traçabilité". A priori, cette opération ne devrait pas excéder quinze minutes par personne.

Toutefois, ce temps pourrait être plus long, si l'on en croit Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). Selon ce journal, il semble que "le nombre de volontaires officiant à l'autre bout de la seringue n'ait pas été suffisant". Du coup, dans certaines régions où le manque de personnel est plus significatif, certains préfets ont décidé d'opérer des réquisitions auprès des médecins généralistes. C'est notamment le cas dans le Calvados ou en région Nord-Pas-de-Calais.

Interrogée par le Parisien/Aujourd'hui, la Dre Catherine Le Leu, qui exerce à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), s'inquiète d'une telle procédure. Pour cette généraliste, elle-même réquisitionnée, la réquisition d'un médecin implique "un cabinet médical vide". Et par conséquent des confrères débordés par une arrivée croissante de patients non soignés...

Le virus risque d'être autrement responsable de la saturation du système de santé, explique dans Libération (page 10), Sylvie van der Werf, virologiste à l'Institut Pasteur. Selon cette directrice du Centre national de référence des virus grippaux France-Nord, "la plupart des gens n'ont pas de défense immunitaire spécifique" contre ce virus, parce qu'ils n'ont jamais été contaminés. Par conséquent, sa prolifération menace d'être rapide "provoquant une épidémie plus ramassée dans le temps, avec un fort impact économique et sanitaire : des arrêts de travail massifs, des médecins et des urgences débordés"... Ainsi "engorgé", le système pourrait mettre en péril des personnes atteintes de maladies plus graves, craint-elle.

A lire aussi dans la presse - Une santé de plus en plus coûteuse

La dernière étude du cabinet Jalma le confirme : pour les Français, se soigner devient de plus en plus coûteux. Dans son rapport intitulé "Dépense de santé et budget des ménages : évolution depuis 2001", que révèlent Les Echos (page 19), ce cabinet spécialisé en protection sociale note qu'"en huit ans le poids des dépenses de santé dans le budget des familles a augmenté de 40 à 50% en moyenne". Et cela quel que soit le profil de l'assuré (jeune, senior ou famille), soit sa couverture santé (individuelle ou collective), son revenu ou encore sa localisation.

L'accumulation de "mesurettes", selon l'expression des Echos, comme les franchises, la hausse régulière du forfait journalier "ou la généralisation des dépassements d'honoraires", a considérablement alourdi la facture des patients.

Selon le directeur du cabinet Jalma, Mathias Matallah, "on observe un creusement très net des inégalités : entre individuel et collectif ; entre actifs et seniors". Par exemple, une famille couverte individuellement a consacré 7,43% de son budget à la santé en 2009, alors qu'une famille couverte collectivement n'a dépensé que 3,8%. Pour ce qui est des seniors, le budget qu'ils ont consacré à la santé s'est élevé à 11% en 2009, alors qu'il était de 7% en 2001.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)