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La généralisation du tiers payant sur les rails

La ministre de la Santé lance la concertation sur la généralisation du tiers payant chez le médecin en installant demain un comité d'orientation regroupant l'assurance maladie, les complémentaires santé et les syndicats de médecins, rapportent Les Echos (page 2). Marisol Touraine a annoncé la généralisation d'ici à 2017 pour tous les assurés, et avant la fin de l'année pour les bénéficiaires de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS).

Pour y parvenir, elle compte s'appuyer sur un rapport de l'Igas qui lui a été remis en juillet et a été publié jeudi. Les auteurs du texte estiment que la généralisation du tiers payant est une réforme "techniquement possible" et "justifiée sur le fond". Elle permettrait "une simplification considérable des formalités des assurés et un meilleur accès aux soins pour les ménages pour lesquels l'avance des frais demeure un problème", note le quotidien économique. Enfin, la généralisation, considère l'Igas, "allégerait la pratique des médecins qui n'auraient plus à apprécier l'état de disponibilité financière de leurs patients". Dans un souci de responsabilisation, cette inspection suggère que l'assuré puisse "connaître les frais de soins qu'il suscite".

Mais plusieurs obstacles techniques devront être surmontés avant son instauration, comme la mise en place de "nouveaux flux de paiement" pour que le praticien soit payé par la Sécu et la complémentaire. Autre difficulté : imaginer une façon de récupérer la fran­chise d'un euro. L'Igas propose que la Sécurité sociale puisse "prélever cette participation sur le compte bancaire des assurés", ce qui ne manquera pas de susciter des oppositions.

De leur côté, les syndicats de médecins ne cachent pas leur hostilité à la généralisation du tiers payant. Pour la CSMF, le rapport de l'Igas "feint d'ignorer les difficultés". Le syndicat majoritaire craint que les médecins ne doivent "se dé­brouiller avec plus de 400 régimes complémentaires, ayant chacun leurs règles". Pour sa part, le syndicat de généralistes MG-France refuse toute "charge administrative, qui serait reportée sur les médecins".

 

Les Français boudent les médicaments sur Internet

Le Parlement a définitivement adopté jeudi un projet de loi transposant diverses dispositions européennes sur la santé, dont l'une concerne la vente en ligne des médicaments sans ordonnance. "Nous avons encadré la vente de médicaments sur Internet autant que le permet la législation européenne", a souligné la ministre de la Santé. "C'est un enjeu de sécurité sanitaire, a-t-elle ajouté. Les sites de vente devront être adossés à des officines et préalablement agréés par les agences régionales de santé."

Plus d'un an après son autorisation, pourquoi la vente de médicaments sur Internet ne décolle pas ?, interrogent Les Echos (page 20). Elle représente actuellement moins de 0,1% du marché français de l'automédication, contre 8% en Allemagne ou au Royaume-Uni, selon le cabinet d'études Celtipharm. Dans l'Hexagone, le nombre de sites dédiés reste limité à 84, tous adossés à des officines comme la loi le prévoit.

Les raisons de la lenteur du démarrage sont multiples. Créer un site coûte cher au pharmacien : de 15.000 à 20.000 euros, auxquels il faut ajouter de 270 à 500 euros par mois pour l'hébergement sur un site agréé pour le recueil des données de santé. La société Pharmadomicile propose des sites clefs en main à partir de 128 euros par mois. Son président, Charles Rabiller, estime que "le premier obstacle aujourd'hui, c'est le dossier à constituer pour obtenir l'agrément de l'agence régionale de santé".

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)