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La fracture médicale s’accroît

Le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) vient de rendre public son "Atlas de la démographie médicale". Ce document montre que le nombre de généralistes est en diminution, et que l'écart se creuse entre les territoires dans l'accès aux soins.

En matière de soins, remarque L'Opinion, "les Gilets jaunes disent vouloir davantage de services publics, dans des territoires souvent considérés comme abandonnés". Rendue publique le mardi 4 décembre 2018, la dernière édition de l'"Atlas de la démographie médicale" ne les démentira pas.

Pourtant, rapporte le quotidien, "à première vue, tout va bien, les médecins n'ont jamais été aussi nombreux". Selon le document publié par le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom), on compte en effet 296.755 médecins inscrits au tableau de l'Ordre au 1er janvier 2018, soit 11,9% de mieux qu'en 2010. Par rapport à 2017, ils sont même 5.781 de plus (+1,9%). La profession se féminise et le salariat tend à devenir majoritaire, complète Libération.

Toutefois, observe Le Figaro, cette hausse régulière des inscrits est en "trompe l'œil", puisqu'elle s'explique par l'augmentation du nombre de praticiens retraités : "Si l'on exclut les retraités et les remplaçants, le nombre de médecins en activité régulière diminue de 0,1% à 198.081, après avoir baissé de 10% depuis 2010."

Dans le détail, précise La Provence, le nombre de généralistes en activité a baissé de 0,4% depuis 2017, soit 87.801 de moins. En revanche, les effectifs continuent de progresser chez les spécialistes (+0,4%, soit 85.647) et les chirurgiens (+0,8%, soit 24.632). En somme, depuis 2010, notre pays a perdu 6,8% de ses généralistes. D'ici à 2025, estime le Cnom, il devrait en perdre autant.

A cette fragilisation des effectifs s'ajoute une offre de soins qui continue de diminuer dans certains territoires. "Une dégradation lente, mais que rien ne semble pouvoir inverser", constate L'Express. Les départements les moins bien pourvus comptent désormais 1,6 fois moins de généralistes que les mieux lotis. Un écart qui se révèle encore plus important selon certaines spécialités : dans les zones les plus sous-médicalisées, on compte par exemple 2,6 fois moins d'ophtalmologues que dans les mieux dotées, voire 2,7 fois moins de psychiatres et 3,6 fois moins de dermatologues.

Sur l'ensemble du territoire, rapporte Le Quotidien du médecin, on compte en moyenne 270,3 médecins pour 100.000 habitants. "Les collectivités territoriales d'Outre-mer affichent la plus faible densité (185,4 médecins pour 100.000 habitants) tandis que la région Paca concentre la plus forte densité avec 349 médecins pour 100.000 médecins. Dans l'Hexagone, l'écart va du simple au quadruple entre l'Eure (154,3 médecins pour 100.000 habitants) et la ville de Paris (687)." De fait, l'incitation à l'installation des médecins dans les zones sous-dotées semble marquer ses limites.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)