« La dépendance, ce n’est pas seulement un problème financier ! »

Pour le mouvement mutualiste, la dépendance ne se limite pas aux seuls enjeux financiers. C'est un vrai "choix de société" et de "solidarité nationale", a lancé le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, devant près d'un millier de délégués mutualistes, réunis le 24 juin à Paris en assemblée générale.

"Comment prévenir la dépendance ? Comment organiser l'accompagnement des personnes âgées quand leur autonomie se réduit ? Comment respecter la volonté de ces personnes, qu'elles veuillent rester à domicile ou qu'elles préfèrent être accueillies dans une résidence ?" Pour le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, l'enjeu de la dépendance ne doit pas uniquement reposer sur des considérations financières. "Apportons d'abord des réponses à ces questions !", a-t-il fait valoir devant près d'un millier de délégués mutualistes réunis le 24 juin en assemblée générale à Paris.

Un terrain naturel pour les mutuelles
Les mutuelles ont toute légitimité pour alimenter les débats actuels sur la dépendance. "Le métier des mutuelles, c'est la santé", rappelle Etienne Caniard. "Or, il y a une grande continuité entre prévenir la maladie et retarder la survenue ou l'aggravation de la perte d'autonomie liée à l'âge." Le président de la Mutualité Française insiste également sur la mutualisation du risque assurée par les mutuelles, autrement dit "la réduction des coûts de prise en charge par la couverture de la population la plus large possible". Ce lien avec la santé et cette pratique de la solidarité "placent naturellement nos mutuelles sur le terrain de la prévention et de la couverture de la dépendance".

Les actions de prévention réalisées par les mutuelles ainsi que les services de soins et d'accompagnement mutualistes présents sur l'ensemble du territoire "ont un rôle important à jouer", soutient Etienne Caniard. "Certains de ces services sont exemplaires, à l'image des plateformes de repérage des troubles sensoriels."

Solidarité nationale
Pour autant, le mouvement mutualiste n'entend pas se désengager des débats sur le financement de la dépendance. C'est très clair pour la Mutualité Française : il doit essentiellement "reposer sur la solidarité nationale", martèle Etienne Caniard. La prise en charge de la perte d'autonomie doit se fonder sur un socle public de protection sociale, à la fois universel et le plus élevé. "L'Etat a un rôle déterminant à jouer dans le renforcement de la prévention, l'organisation des soins et la prise en charge de la dépendance", souligne-t-il.

La Mutualité Française a notamment ouvert un débat citoyen sur la dépendance en rencontrant patients, associations et professionnels de santé. Ces nombreux échanges "ont probablement contribué à la convergence des points de vue au Conseil économique, social et environnemental (Cese)", dont les conclusions "sont très en phase avec nos propositions", se réjouit Etienne Caniard. En effet, les préconisations du Cese rendues le 15 juin dernier font écho à celles formulées par la Mutualité Française. Exemple : l'alignement du taux de contribution sociale généralisée (CSG) des retraités les plus aisés sur celui des actifs, ou encore la taxe de 1% sur les successions et donations.

La santé au cœur des débats de 2012
Toutes ces propositions, la Mutualité Française compte bien les défendre et les porter auprès des candidats aux élections de 2012. La dépendance et ses enjeux figureront parmi les sujets prioritaires avec le système du médicament, les problèmes d'accès aux soins, les dépassements d'honoraires ou encore le renforcement de l'assurance maladie obligatoire. Objectif : faire en sorte que la santé soit au cœur des prochaines élections présidentielles et législatives.

Cette plateforme de propositions sera présentée lors des journées de rentrée de la Mutualité Française, qui se tiendront les 6 et 7 octobre prochains, à Tours (Indre-et-Loire). "Nous souhaitons replacer l'idée d'égalité et de justice au cœur du système de santé", conclut Etienne Caniard.

Philippe Rémond