croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

La croissance des hôpitaux

Ces dernières années, "les établissements de santé publics et parapublics ont pris des points de parts de marché dans le domaine de la chirurgie à leurs concurrents du secteur privé à but lucratif", soulignent Les Echos (page 2). Le quotidien économique s'appuie sur les résultats d'une étude de l'Insee et de la Drees (ministère du Travail) publiée ce matin.

Ce regain de vigueur du secteur public serait dû à la réforme du financement des hôpitaux intervenue entre 2004 et 2008. "C'était un électrochoc indispensable, qui s'est avéré très efficace, et pas seulement dans le domaine de la chirurgie", estime Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), et ancien directeur des hôpitaux, dans un entretien au quotidien économique. "Les hôpitaux ont amorcé un rattrapage dans un domaine, la chirurgie, où ils étaient historiquement à la traîne par rapport aux cliniques", explique Jean de Kervasdoué, économiste de la santé au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

L'instauration de la tarification à l'acte (T2A) "assoit les budgets des établissements directement sur leur activité, c'est-à-dire sur le nombre et les caractéristiques des séjours réalisés", rappelle l'étude de l'Insee. A chaque acte correspond un tarif que les hôpitaux et les cliniques facturent à la Sécurité sociale.

"Certains hôpitaux peuvent, comme des acteurs privés, chercher à maximiser leur budget. La réforme tarifaire les incite à augmenter leur activité", note le rapport. "C'est la raison pour laquelle la FHF de­mande au gouvernement d'évaluer et de surveiller avec beaucoup plus de rigueur la pertinence des actes, commente Gérard Vincent. Cela dit, contrairement à leurs confrères du privé, les médecins, chirurgiens et obstétriciens du secteur public ne sont pas mieux rémunérés s'ils font plus d'actes, ce qui limite les dérapages."

Selon l'Insee et la Drees, la réforme de la tarification n'a pas eu d'autres effets pervers. Elle aurait pu "inciter les établissements à découper les séjours afin d'augmenter artificiellement leur activité", relèvent les deux organismes, ou encore, "les pousser à raccourcir les durées de séjour en accroissant ainsi le risque de sorties prématurées". Mais cela n'a pas été le cas.

A lire aussi dans la presse - Chambéry : fermeture du laboratoire incriminé

A situation exceptionnelle, décision exceptionnelle. Après le décès de trois nourrissons à l'hôpital de Chambéry (Savoie), la ministre de la Santé a décidé "de suspendre la production du laboratoire Marette immédiatement" et de rappeler tous ses produits, après la découverte d'une "contamination massive" des poches alimentaires, rapporte Le Figaro (page 9). Le laboratoire va faire appel.

Pour autant, des questions centrales demeurent, souligne Libération (page 14). On ne sait toujours pas quand, comment et à quel moment, les poches d'alimentation, qui ont servi à nourrir les bébés, ont pu être contaminées. La bactérie en cause ? "Il s'agit d'une entérobactérie, d'origine environnementale, c'est-à-dire que l'on peut la retrouver aussi bien dans la terre que dans l'eau", a expliqué hier le Pr Jean-Claude Manuguerra, de l'institut Pasteur, note Libération. Preuve de la complexité du dossier : "Il s'agit d'une nouvelle espèce non décrite à ce jour, et encore sans nom", ajoute-t-il.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)