croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

La canicule peut nuire gravement à la santé

La canicule s’abat pour la deuxième journée consécutive sur la France, qui se prépare aujourd’hui à de nouveaux pics de chaleur. 47 départements sont placés en vigilance orange. Cette vague de chaleur, exceptionnelle par sa précocité et sa durée, devrait se poursuivre au moins jusqu’à la fin de la semaine.

Devant cette situation, la ministre de la Santé a annoncé hier la mise en place d’une plate-forme téléphonique "canicule" (0800.06.66.66) et a appelé les entreprises de BTP "à réorganiser leur temps de travail lorsqu’elles le peuvent". Selon le Code du travail, l’employeur doit prendre" les mesures nécessaires" pour "protéger la santé physique" de ses salariés et les adapter en fonction du "changement de circonstances", comme les changements climatiques.

"Le coup de chaleur est une maladie potentiellement mortelle, caractérisée par une élévation du niveau de température corporelle au-dessus de 40 °C et un dérèglement du système nerveux central qui aboutit à un délire, des convulsions et un coma", expliquent, dans le New England Journal of Medicine, le Pr James Knochel, de l’hôpital presbytérien de Dallas, et le Pr Abderrezak Bouchama, du Centre international de recherche médicale Roi Abdallah, à Ryad (Arabie Saoudite), cités dans Le Figaro (page 11).

"En dépit d’un refroidissement adéquat de la température corporelle et d’un traitement vigoureux, le coup de chaleur est souvent fatal et ceux qui survivent peuvent conserver des lésions neurologiques sévères", précisent les deux médecins.

La canicule de l’été 2003 avait provoqué une hécatombe, rappelle Le Monde (page 5) : 70.000 morts en Europe, dont près de 15.000 en France. La ministre de la Santé a invité hier les personnes fragiles et à risque (personnes âgées, personnes handicapées, malades à domicile) à s’inscrire sur les registres de solidarité mis en place par les communes, rapporte La Croix (page 4). Comment protéger les personnes fragiles de la chaleur ? Chez les personnes âgées, toutes les fonctions de l’organisme marchent plus lentement et pendant moins longtemps.

"Le premier jour de la canicule, l’organisme de la personne âgée va répondre un peu comme celui d’une personne plus jeune. Mais le deuxième jour, la réponse sera deux fois moindre. Et le troisième jour, elle sera quasi nulle", décrit, dans La Croix, Jean-Louis San Marco, professeur de santé publique à Marseille.

"Face à une forte chaleur, une personne âgée ne va pas transpirer plus que d’habitude, il est donc inutile de la faire boire si elle n’a pas soif, ajoute-t-il. Le moyen le plus simple pour refroidir l’organisme est d’utiliser un petit brumisateur d’eau et un ventilateur à pile pour se rafraîchir régulièrement le visage, les bras ou les jambes."

"Attention aux interactions avec certains médicaments !", avertit Le Figaro (page 11). "C’est le cas des diurétiques. En augmentant la diurèse, ils vont aggraver la déshydratation, mais aussi altérer la fonction rénale, avec comme conséquence un risque de surdosage des autres médicaments", met en garde le Pr Christian Jeandel, gériatre et chef de service au CHU de Montpellier.

Pour contrer leurs effets, une seule solution : s’hydrater. D’autres médicaments sont susceptibles d’empêcher le corps d’éliminer la chaleur interne. C’est le cas notamment des neuroleptiques, de certains antihistaminiques, d’antimigraineux, souligne le Pr François Chast, chef du service de pharmacie clinique du groupe hospitalier Cochin-Hôtel-Dieu, à Paris.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)