L’UMP en tête, le PS résiste et le FN s’implante

Alors que la droite sort largement en tête du premier tour des élections départementales, la gauche est en passe de perdre dimanche prochain une trentaine de conseils départementaux et d'en conserver au moins une vingtaine, tandis que le Front national, à plus de 25%, est en position de se maintenir dans plus d'un canton sur deux et pourrait emporter deux départements. L'absten­tion, autour de 49%, est nettement inférieure à celle des élections européennes de 2014 (57,6%) et des cantonales de 2011 (55,7%).

"Les trois France", titre la "une" de Libération, ornée de trois photos horizontales de Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et Manuel Valls affichant tous la mine réjouie des vainqueurs. "Un Front national qui s'en­racine sans exploser les compteurs (...). Un effet Nicolas Sarkozy à droite et un (petit) sursaut inattendu à gauche, grâce à une campagne menée tambour battant par Manuel Valls. Dimanche, le premier tour des départementales a consolidé le nouveau tripartisme en France", résume Libération (page 2).

Les trois leaders politiques se partagent également la "une" du Figaro, mais dans un ordre différent : "L'UMP l'emporte, le FN s'installe, le PS décroche." "Arrivée nettement en tête hier soir, l'UMP devrait recueillir une très large majorité de départements, dimanche prochain", prévoit le quotidien. "Dans beaucoup de départements, les conditions d'un basculement massif en faveur de la droite républicaine et du centre sont réunies", se félicite Nicolas Sarkozy dans Le Figaro (pages 2 et 3). L'ancien président de la République a renouvelé sa consigne de "ni-ni" pour le deuxième tour, à savoir ni FN, ni PS, dans les cantons où la droite est éliminée au premier tour.

"Le PS battu, mais pas humilié", titre, en page 5, Le Parisien/Aujourd'hui. "Hier soir, au siège du PS, les dirigeants ne sont pas allés jusqu'à crier victoire. Mais dans les couloirs de Solferino, tous ont bien appris leur refrain : “On a mieux résisté que prévu”", rapporte le quotidien. Mais, pour le parti de la majorité, les résultats du premier tour sonnent comme un sérieux coup de semonce.

Symbole de ce revers, le Nord, bastion socialiste, est d'ores déjà perdu. Le sort d'une dizaine de départements s'annonce très incertain, malgré leur ancrage à gauche. C'est le cas de la Corrèze, terre d'élection du président de la République, de l'Essonne, département du Premier ministre, des Deux-Sèvres, ex-fief de Ségolène Royal, de la Seine-Maritime de Laurent Fabius, et du Val-de-Marne et de l'Allier, seuls départements encore détenus par le PCF.

La gauche serait éliminée dans 500 cantons au second tour, "dont une centaine que nous aurions pu remporter, en raison de la division de la gauche", a affirmé Jean-Marie Le Guen, ministre des Relations avec le Parlement.

"Avec 4,6 millions de bulletins enregistrés dimanche soir à 23 heures, soit un quart des voix, le Front national était près d'égaler son résultat des dernières européennes", souligne Libération (page 3). Sous le titre : "Le FN prend racine", le quotidien estime qu'il peut ambitionner de remporter la majorité des sièges dans le Vaucluse. L'Aisne semble également à la portée de l'extrême droite.

"La grande marée n'a pas eu lieu. (...). Les partis républicains ont mieux résisté que prévu à la montée du FN, qu'on disait inexorable (...). C'est un peu de soulagement, qui vient réconforter le cœur des progressistes", se félicite Laurent Joffrin dans l'éditorial de Libération (page 2). "Mais la résistance n'est pas une victoire, ajoute-t-il. Un quart des électeurs a choisi un parti qui veut rompre avec l'Europe, fermer les frontières et mener une politique de discrimination."

Le Front national, c'est seulement la "troisième surprise", pour l'éditorialiste du Figaro (page 1), Alexis Brézet : "S'il s'enracine à un niveau élevé (...), il ne progresse pas par rapport aux élections européennes." Et les deux autres surprises ? La première : "L'UMP-UDI gagne la bataille, et même très largement en comptant les “sans étiquette” proches de la droite. Pour Nicolas Sarkozy, (...) c'est un éclatant succès." Enfin, s'étonne l'éditorialiste, "le PS échoue, mais il ne s'effondre pas".

John Sutton

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