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L’euthanasie en procès

Le procès du Dr Nicolas Bonnemaison sera-t-il celui du débat sur la fin de vie ? La cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques juge à partir d'aujourd'hui ce médecin urgentiste, accusé d'avoir abrégé la vie de sept patients âgés, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 14). Le Dr Bonnemaison, qui comparait libre sous contrôle judiciaire, est poursuivi pour empoisonnement sur "personnes particulièrement vulnérables", souligne Le Monde (page 7). Il aurait utilisé de l'Hypnovel®, un puissant psychotrope et au moins une fois du Norcuron®, à base de curare, "se plaçant ainsi en dehors du protocole légal (...) sans aucune concertation avec le personnel soignant et les familles".

L'affaire divise le corps médical et une pétition en faveur de l'urgentiste a recueilli plus de 60.000 signatures. Une seule famille s'est constitué partie ci­vile. Patricia, l'épouse de Fernand Dhooge, décédé d'un cancer du pancréas, viendra témoigner en faveur du Dr Nicolas Bonnemaison. "Il était là, présent. (...) Le principal est qu'il a abrégé les souffrances de mon mari. C'est ce que je veux retenir", explique-t-elle dans un entretien au Parisien.

Ce procès intervient dans une période marquée "par une série de rendez-vous autour de la question de la fin de vie", souligne Libération (page 2). Ainsi, le quotidien rappelle que le 20 juin, le Conseil d'Etat examinera la situation de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif depuis cinq ans, dont la fa­mille se déchire à propos de son maintien en vie. De plus, avant fin juin, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) doit publier un rapport autour des questions d'euthanasie, de fin de vie médicalisée et de suicide assisté, suite à la demande du président de la République. La ministre de la Santé est favorable à un texte de loi. "Elle continue de mener des consultations sur le sujet, pour préparer une réforme de la loi Leonetti", dit-on avenue de Ségur.

Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie, témoignera au procès Bonnemaison. Parmi la soixantaine de témoins convoqués, Libération (pages 3 et 4) note également la présence de Jean-Claude Ameisen, président du Comité consultatif national d'éthique, et de Claire Compagnon, représentante des usagers. "La fin de vie n'intéresse pas les établissements de santé (…), déplore-t-elle. Tout dépend d'initiatives personnelles, de la qualité du personnel médical et soignant, de sa formation. Il n'y a pas de politique d'ensemble sur la mort à l'hôpital."

 

AP-HP : réduire le passage aux urgences

Martin Hirsch, directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), s'engage à diviser par deux le temps de passage dans les services d'urgences d'ici à cinq ans, rapportent Les Echos (page 4). Actuellement, un patient qui arrive dans un des dix-sept services d'urgences parisiens y passe en moyenne 3heures 48, lorsqu'il n'est pas hospitalisé dans la foulée. Pour un tiers des malades, le temps de pas­sage est supérieur à 4 heures. "Pour que les urgences vitales soient bien prises en charge, notre devoir est de nous adapter au flux des patients", explique Martin Hirsch.

Pour y parvenir, l'AP-HP annonce un plan d'action basé sur la coordination des établissements, mais aussi la permanence des soins de ville. L'AP-HP souhaite aussi généraliser les "filières rapides" qui existent déjà dans certains hôpitaux, comme la Pitié-Salpêtrière pour les cas ne nécessitant pas d'examens poussés.

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)