L’enfant, double victime du cancer

A l'occasion de la Journée mondiale des cancers de l'enfant qui se tenait hier, plusieurs journaux du week-end se sont penchés sur ces pathologies qui tuent plus de 400 enfants par jour, soit 1 % de la totalité des cancers en France. Dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui du dimanche 15 février (page 8), Agnès Buzyn, directrice de l'Institut national du cancer (INCa), indique que, chaque année, 1.700 enfants de moins de 15 ans sont diagnostiqués porteurs d'un cancer, tandis qu'ils sont 700 chez les 15-20 ans. Sur ce nombre, un cancer d'enfant sur cinq n'est pas guérissable, ajoute-t-elle.

Aujourd'hui, explique Le Journal du dimanche (page 15), "les chimiothérapies classiques permettent de sauver 80 % des petits patients, mais les séquelles sont parfois douloureuses. Et pour les tumeurs réfractaires, l'arsenal de soins est très li­mité ». En effet, témoigne le Pr André Baruchel, chef du service d'hématologie pédiatrique à l'hôpital parisien Robert-Debré, "aucun anticancéreux n'a jamais été développé par l'industrie spécifiquement pour les enfants. Ces marchés de niche sont peu porteurs. Sans parler des craintes, en matière d'image, si un médicament se révélait toxique".

Cet état de fait, complète Agnès Buzyn dans Le Parisien/Aujourd'hui, a été pointé du doigt dès 2012, lors de la préparation du troisième Plan cancer. Le chef de l'Etat a par conséquent demandé d'en faire un axe prioritaire, ce qui n'est pas aisé car les cancers pédiatriques sont hétérogènes et se concentrent autour de 40 maladies.

Des essais cliniques sont toutefois menés, ajoute-t-elle. Entre 2010 et 2013, "six cents enfants ont été inclus dans des études portant sur 32 nouveaux médicaments. Des essais existent donc, mais pas suffisamment au regard des attentes et des besoins".

Que ce soit en France ou aux Etats-Unis, il existe, il est vrai, "une législation incitant les labos à développer des versions pédiatriques de leurs médi­caments", ou, à défaut, de "fournir quelques données". Le problème, observe Le Monde-économie (page 2), c'est que les cancers d'adultes n'existent pas chez l'enfant. Aux Etats-Unis, une solution incitative, semble-t-il efficace, a été mise en place depuis 2011, signale le quotidien : aux laboratoires qui développent des médicaments spécifiquement pour les enfants, les autorités accordent "un “bon” pour une évaluation prioritaire de n'importe quel autre traitement". Les laboratoires "peuvent l'utiliser pour leur propre compte ou le monnayer pour plusieurs dizaines de millions de dollars".

En France, explique la directrice de l'Inca, "pour stimuler la recherche, nous venons de labelliser six centres de cancérologie pédiatrique, répartis sur le territoire, habilités à conduire des essais cliniques et à évaluer des médicaments en développement". Dans le même temps, déclare-t-elle, "nous finançons un programme de recherche pour avancer très vite dans la cartographie des tumeurs pédiatriques : tout enfant chez qui l'on aura diagnostiqué un cancer grave et réfractaire bénéficiera d'un séquençage de sa tumeur, pour détecter l'anomalie qui pourrait être la cible d'un traitement innovant".

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A compter d'aujourd'hui, et jusqu'en juin, syndicats et patronat vont tenter de trouver un accord pour sauver le régime des retraites complémentaires Agirc-Arrco dont les réserves pourraient être épuisées en 2018 pour l'Agirc (cadres), et en 2027 pour l'Arrco (salariés du privé).

En effet, indique Libération (page 17), ces caisses souffrent d'un "effet ciseaux" : "d'un côté, une arrivée massive à l'âge de la retraite des générations de l'après-guerre qui gonfle les dépenses, de l'autre, une crise avec son lot de chômeurs qui diminue les recettes". En d'autres termes, les caisses versent davantage de pensions qu'elles ne perçoivent de cotisations sociales.

Fort heureusement, ajoute Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 10), "ce déséquilibre est encore compensé par les réserves accumulées pendant les années fastes, entre 1998 et 2008". Celles-ci s'élèvent à 64 milliards d'euros.

"Si syndicats et patronat partagent le même diagnostic, il en est tout autrement sur la question du remède. Le Medef propose ainsi de reculer progressivement l'âge légal de départ à la re­traite de 62 ans à 64 ans", alors que la CGT propose de moduler les cotisations "en fonction des profits des entreprises du Cac 40 et de la masse salariale". Autre piste, conclut le journal : établir "une égalité parfaite des salaires entre les hommes et les femmes ».

Frédéric Lavignette

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