croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

L’efficacité des antidépresseurs contestée

Une étude scientifique anglo-américaine met en doute l’efficacité de certains antidépresseurs parmi les plus prescrits (Prozac®, Deroxat®, Zoloft®, Seropram®). Au terme de leur étude, les chercheurs concluent que ces médicaments n’ont guère plus d’effets que des placebos, indique Le Figaro en "une". "Cela signifie que les personnes souffrant de dépression peuvent aller mieux sans traitement chimique", explique dans ce quotidien le Pr Irving Kirsch, de l’université de Hull (Royaume-Uni).

Avec d’autres experts, ce scientifique a analysé les 47 essais cliniques effectués par les laboratoires pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché de leurs antidépresseurs, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Et notamment les essais non publiés, qui sont très négatifs, précise Le Figaro (page 12). Les chercheurs ont ainsi découvert que quatre études concernant le Zoloft® (Pfizer) ne montraient pas d’effet thérapeutique significatif. Même constat pour le Seropram® (Lundbeck).

Selon les auteurs de l’étude, ces " mensonges par omission " concerneraient entre 23% et 38% des patients inclus dans tous les essais cliniques ! Réagissant à cette étude, le laboratoire Eli Lilly, fabricant du Prozac®, a indiqué qu’une "expérimentation médicale et scientifique approfondie a démontré que la fluoxetine est un antidépresseur efficace".

Les résultats de l’étude scientifique anglo-américaine n’étonnent pas le Pr Michel Patris, psychiatre et auteur d’un récent rapport sur la surconsommation des psychotropes en France. "L’une des caractéristiques de ces nouveaux antidépresseurs arrivés en fanfare à la fin des années 1980, c’est qu’on peut pratiquement les prendre comme des Tic Tac, car ils ont fort peu d’effets secondaires. Tant et si bien que leur consommation s’est considérablement banalisée", explique-t-il dans un entretien au Figaro. Les Français sont les plus gros consommateurs d’antidépresseurs au monde : 5,5 millions de personnes s’en sont vu prescrire au moins une fois.

Dans Le Parisien/Aujourd’hui (page 13), le Pr Maurice Ferreri, chef du service de psychiatrie à l’hôpital Saint-Antoine (Paris) juge que les conclusions de cette étude " ne sont pas si éloignées de ce que recommande en France la Haute Autorité de santé ". A savoir que ces médicaments " ne doivent être administrés que lorsqu’il y a une dépression caractérisée ".

A lire aussi dans la presse - Médecine du travail : "réforme urgente"

La médecine du travail est dans une situation "critique" et nécessite "une réforme urgente". C’est l’analyse du Conseil économique et social (CES) dans un projet d’avis qui sera voté aujourd’hui, indique Le Figaro-économie (page 21). La nouvelle gouvernance serait assurée par la branche accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP) de la "Sécu" et pilotée par les comités régionaux de prévention des risques professionnels (CRPRP), indique le quotidien Les Echos (page 4).

Interrogé dans Libération (page 20), le rapporteur de l’avis du CES, Christian Dellacherie (CGT), estime que l’organisation générale de la médecine du travail "n’est plus adaptée aux missions de santé publique qui lui sont dévolues". Elle "tourne aujourd’hui autour des visites d’aptitude. Elle doit aller au-delà et développer des actions ciblées sur les risques d’un secteur ou sur les populations les plus fragiles, tels les précaires".

A noter que le rapport du CES a été évoqué, dès lundi, sur le site Internet de la revue Santé et Travail (www.sante-et-travail.net).

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)