L’attente des femmes

Le "deuxième sexe", comme l'avait désigné la philosophe Simone de Beauvoir dans son célèbre ouvrage, fait ce matin la "une" de nombreux quotidiens. Le Parisien/Aujourd'hui nous apprend "ce qu'elles attendent du futur président, ou de la future présidente". Ainsi, Thérèse Clerc, 79 ans, qui s'est beaucoup battue pour le droit à l'IVG, réclame "l'accès gratuit à tous les moyens contraceptifs".

Pour Hadjra Nait-Meddour, 31 ans, mère d'une fille de 2 ans, il faut "créer plus de places en crèche, notamment en banlieue". Jamais le 8 mars, journée de la femme, n'aura autant été placé sous le signe de la politique, souligne Le Parisien/Aujourd'hui. Ce quotidien note d'ailleurs que "les Françaises sont au moins 3 millions d'électrices de plus que les hommes".

Sous le titre "Tout ce qu'il reste à conquérir", L'Humanité constate que "les discriminations pèsent encore lourd sur la condition féminine". "Les Françaises font beaucoup de bébés… et de sacrifices" pour les élever, car il est toujours aussi difficile de concilier maternité et activité professionnelle.

Ce quotidien (page 17) publie également un long entretien avec Gisèle Halimi, présidente de l'association Choisir la cause des femmes. Cette ancienne avocate milite pour la "clause de l'Européenne la plus favorisée", afin de tirer vers le haut la législation des 27 membres de l'Union européenne.

"Existe-t-il une approche féminine du pouvoir ?", s'interroge Le Monde (pages 24 et 25). La plupart des femmes qui exercent les plus hautes fonctions politiques, ou aspirent à le faire, ont tendance à revendiquer leur différence. Les hommes sont plus sceptiques. "Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République, une femme est en situation d'être élue à la présidence", souligne l'éditorial du Monde (page 2). "Les avancées de la parité permettent de valider l'avis du Conseil de l'Union européenne, qui voyait, dès 1996, dans une “participation équilibrée“", une voie pour "engendrer des idées, des valeurs et des comportements différents".

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"Nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence", reconnaissent 2 134 médecins et infirmières dans un manifeste en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie. Il est publié aujourd'hui dans Le Nouvel Observateur (pages 98 à 102) et dans le quotidien Sud-Ouest.

La majorité des soignants qui "assistent régulièrement leurs patients jusqu'à la mort, utilisent […] des substances chimiques qui précipitent une fin devenue trop cruelle, tout en sachant que cette attitude est en désaccord avec la loi actuelle", écrivent les signataires.

Ce texte est publié quelques jours avant le début du procès aux assises de Dordogne (Périgueux) du Dre Laurence Tramois et de l'infirmière Chantal Chanel. Toutes deux sont accusées d'avoir donné la mort en 2003 à une femme atteinte d'un cancer en phase terminale. Les signataires du manifeste demandent "l'arrêt immédiat des poursuites judiciaires à l'encontre des soignants mis en accusation" et "une révision de la loi dans les plus brefs délais, en s'inspirant des réformes déjà réalisées en Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas".