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L’aide médicale d’Etat sur la sellette ?

Le Parisien/Aujourd'hui (pages 1 à 3) publie ce matin une "enquête sur la fraude aux soins gratuits", comme l'annonce son titre de "une". "L'aide médicale d'Etat (AME), qui permet aux étrangers en situation irrégu­lière de se faire soigner gratuitement, serait détournée, selon la ministre elle-même, par des filières spécialisées", avance ce quotidien.

Force est de constater que le budget alloué à cette prestation s'est bel et bien envolé, passant de 588 à 744 millions d'euros en l'espace d'un an, aurait reconnu la ministre de la Santé, devant des sénateurs, le 3 juin dernier. Marisol Touraine aurait également affirmé que certaines filières de patients venus de pays étrangers seraient en partie responsables de ce "fort accroissement" de bénéficiaires. Tout en défendant la nécessité de ce dispositif de "santé publique", Marisol Touraine aurait rappelé sa volonté de lutter contre les abus.

"Géorgiens atteints de tuberculose multirésistante, site Internet chinois proposant des cartes AME, médecins escrocs inventant des actes fictifs… les dérapages existent, d'autant plus difficiles à sanctionner qu'ils concernent une population difficile à appréhender", estime Le Parisien/Aujourd'hui (page 2). Cependant, plusieurs pistes sont engagées ou étudiées afin de ramener le budget de l'aide médicale d'Etat à de justes proportions au plus près des besoins.

Pour Médecins du monde (MDM), l'utilité de l'AME ne fait aucun doute. "Seuls 9% des étrangers en situation irrégu­lière disposent d'une couverture maladie." "On est loin de l'abus massif d'un dispositif social", commente cette association qui ajoute que "la santé personnelle ne représente que 2,3% des raisons ayant motivé la migration". MDM en conclut que "ces chiffres démontrent combien les discours contre les migrants qui viendraient profiter des systèmes de santé européens sont infondés".

"Il y a peu de recours excessifs aux soins", corrobore, dans Le Parisien (page 3), le Pr Jean-François Bergmann, qui dirige le service de médecine interne à l'hôpital Lariboisière (Paris). Faut-il supprimer l'AME ? "Surtout pas, car il faudrait alors la remplacer par un autre dispositif social du même acabit, réagit-il. Il est absolument nécessaire de soigner cette population sur notre territoire, pour eux, bien sûr, mais aussi afin d'éviter la propagation de maladies comme la tuberculose."

 

Mission parlementaire sur la fin de vie

Le gouvernement a chargé les députés Jean Leonetti (UMP), auteur de la loi sur la fin de vie, et Alain Claeys (PS) de proposer des aménagements à la législation en vigueur, dans un rapport qu'ils devront remettre avant le 1er décembre 2014, annonce Le Journal du dimanche (pages 14 et 15). La feuille de route de la fu­ture loi fixe trois objectifs : "Assurer le développement de la médecine palliative, mieux organiser le recueil et la prise en compte des directives anticipées, définir les conditions et les circonstances précises dans lesquelles l'apaisement des souffrances peut conduire à abréger la vie dans le respect de l'autonomie de la personne."

Le débat sur la fin de vie est revenu au cœur de l'actualité avec le cas de Vincent Lambert, ce tétraplégique en état de mort cérébrale depuis six ans, souligne Le Journal du dimanche (pages 14 et 15), qui rappelle que le Conseil d'Etat doit se prononcer demain sur son sort.

Par ailleurs, à l'approche de cette décision et du verdict au procès du Dr Bonnemaison, "c'est un autre message que l'Elysée veut délivrer : la promesse de faire évoluer la loi n'est pas abandonnée, et celle de chercher le consensus sur les sujets de société est tenue", analyse Le Monde daté de dimanche-lundi (page 8). Mais, pour ce quotidien, "il y a fort à parier qu'un texte ne pourra être présenté au Parlement début 2015, comme annoncé".

John Sutton

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)