L’Acomplia® sous restriction

L’Agence européenne du médicament (EMEA) a restreint hier les conditions d’utilisation de l’Acomplia® (rimonabant), la pilule anti-obésité commercialisée par le laboratoire français Sanofi-Aventis. En raison des effets secondaires possibles d’ordre psychiatrique, "ce médicament ne devrait plus être délivré aux personnes présentant une grave dépression ou traitées aux antidépresseurs", explique Le Figaro (page 9).

Comme l’indiquent Les Echos (page 19), la décision européenne est moins sévère que celle, récente, des autorités sanitaires américaines. En effet, la Food and Drug Administration a refusé d’accorder une autorisation de mise sur le marché, estimant que ce médicament "était responsable d’un risque accru de suicides et de dépressions", poursuit Le Figaro. "Le laboratoire français devra faire d’autres essais cliniques pour démontrer la sûreté du médicament", ajoutent Les Echos.

D’après Le Parisien/Aujourd’hui (page 8), cette interdiction américaine a été "un vrai coup dur pour ce qui était annoncé comme un nouveau blockbuster", susceptible d’engendrer des ventes de "plus d’un milliard de dollars, voire trois". Après l’annonce de la décision européenne, l’action Sanofi-Aventis a connu "une brève réaction négative" pour finalement terminer la journée en hausse de 1,2%, signalent Les Echos.

Chez Sanofi, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui, on continue de croire aux vertus de ce traitement qui, explique le laboratoire, ne doit pas être apparenté à "un produit cosmétique pour perdre 2 ou 3 kg avant la plage". Il s’agit bien d’un médicament "devant être prescrit à bon escient à des patients dont les caractéristiques lipido-glucidiques (cholestérol, glycérides, diabète) doivent être améliorées".

En France, ce médicament est pris en charge à 35% et ne doit être prescrit qu’à "une population très restreinte d’obèses diabétiques mal soignés par les traitements existants, soit 170.000 personnes au plus", expliquent Les Echos. Cependant, en Allemagne, ce produit est considéré comme un médicament de confort et il n’est pas remboursé.

Franchises : la Cnam renvoie l’État à sa responsabilité

Le conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) "ne cautionne pas le projet de franchises médicales", relèvent Les Echos (page 3). Ce conseil a examiné hier le plan de redressement pour 2008, destiné à limiter le déficit de la branche maladie à 3,9 milliards l’an prochain, contre 6,4 milliards attendus pour cette année. Cette instance a indiqué que "l’opportunité et les modalités de mise en place relèvent de la responsabilité de l’Etat.". Comme le souligne Le Figaro (page 17), le vote sur ce texte a été "très partagé" : 13 "prises d’actes", 9 "contre", 3 "pour", et 9 abstentions.

Pour Les Echos, "à l’opposition des syndicats s’est combinée la volonté du patronat de désapprouver par avance l’instauration de nouveaux financements sociaux". Le gouvernement est désormais prévenu, estime le journal économique. "Pas plus que les assurés, les employeurs n’entendent mettre la main à la poche" pour éponger le déficit de l’assurance maladie.

Dans ce domaine, ajoute Le Figaro, la commission sociale du Sénat a jugé hier "indispensable" de relever la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de 0,2 point, pour la porter de 0,5% à 0,7%.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)