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L’accès aux soins en débat

A six jours du premier tour de l'élection présidentielle, le débat sur l'accès aux soins se cristallise sur les conclusions du rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) portant sur les dépassements d'honoraires. Interrogé vendredi au cours du journal de M6, le président de la Mutualité française a lancé une mise en garde aux pouvoirs publics : "Il faut mettre un terme à cette prolifération malsaine des dépassements d'honoraires, car cela va bientôt empêcher l'accès aux soins d'un grand nombre de personnes." "Certains dépassements, ajoute Jean-Pierre Davant, ne se justifient que par un certain appât du gain."

Alors que "l'égal accès aux soins pour tous" semble un idéal partagé par tous ceux qui briguent les suffrages des Français, la Mutualité française appelle "les candidats à l'élection présidentielle à faire connaître leurs propositions pour mettre un terme à cette évolution malsaine du système de santé", note Le Monde daté du samedi 14 avril (page 12). Cette pratique, de plus en plus courante, montre que le mode de rémunération des médecins nécessite une "remise à plat", a également fait valoir sur Radio Classique Jean-Martin Cohen Solal, directeur général adjoint de la FNMF, invité vendredi soir à débattre avec des représentants des médecins libéraux.

Révélé jeudi dernier par l'hebdomadaire Le Point, le rapport de l'Igas sur les dépassements d'honoraires devrait être rendu public entre les deux tours de l'élection présidentielle (La Tribune, page 3, et L'Humanité, page 9). Philippe Bas, ministre de la Santé, a promis de convoquer une "table ronde" des partenaires de la santé dès sa remise officielle. L'Igas estime à 2 milliards d'euros le montant de ces dépassements non remboursés par la Sécurité sociale, sur 19 milliards d'euros d'honoraires en 2005. Le surcoût tarifaire des médecins du secteur 2 aurait doublé en quinze ans !

Cette tendance est confirmée par les statistiques de l'inflation publiées vendredi par l'Insee, selon lesquelles les tarifs des médecins affichent une hausse de 7,2% sur un an. "Une flambée six fois plus forte que celle des prix à la consommation", souligne Le Journal du dimanche (page 16). Pourquoi une telle envolée ? "Les hausses accordées par la Sécu aux généralistes et à certains spécialistes, l'an dernier, sont directement en cause", analyse l'hebdomadaire. La facture va-t-elle continuer de grimper ? "Tous les économistes le disent. Le vieillissement de la population menace de creuser le trou de l'assurance maladie. […] Une vraie bombe à retardement pour le prochain gouvernement", conclut le JDD.

A lire aussi – Création de l'Ordre des infirmiers


Un décret créant un Ordre national des infirmiers, sur le même modèle que celui des médecins, est paru samedi au Journal officiel, annonce La Tribune (page 29). Le rôle de cette institution sera d'élaborer un code de déontologie, de défendre les intérêts de la profession et d'être l'interlocuteur des pouvoirs publics. Un autre arrêté, publié en même temps, autorise désormais les infirmières à prescrire certains dispositifs médicaux tels que les pansements ou les seringues, le matériel de perfusion à domicile ou de traitement de l'incontinence, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 8). En revanche, la prescription des médicaments reste réservée aux seuls médecins.

Quel accueil les infirmières réservent-elles à ces nouvelles dispositions ? s'interroge le quotidien Les Echos (page 4). En effet, trois organisations syndicales appellent demain les 57 000 infirmières libérales à une "grève des soins" pour protester contre le niveau insuffisant des revalorisations tarifaires proposées par l'assurance maladie. "Tout l'argent" va aux médecins, proteste l'intersyndicale.