Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme : faire évoluer les mentalités

En France, plus de 600.000 personnes, dont 250.000 enfants, présentent des troubles autistiques. Nombre d'entre elles souffrent au quotidien de discriminations et de préjugés, et elles ne bénéficient pas toujours d'une prise en charge adaptée. Des établissements mutualistes se sont spécialisés dans l'accueil et le soutien aux personnes atteintes.

"Je suis autiste, et alors?": c'est le slogan de la campagne lancée par SOS Autisme, à l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation de l'autisme, qui aura lieu le samedi 2 avril. Objectif: faire évoluer le regard de la société sur les troubles autistiques. Quelques jours plus tôt, Ségolène Neuville, secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, présentait un film, "Dis-moi Elliot", et un site interactif destiné "à changer le regard sur l'autisme". Avec, chaque fois, un même constat : en dépit d'une meilleure information du grand public, les enfants et les adultes présentant des troubles autistiques sont encore très souvent victimes de discriminations et de préjugés.

L'autisme concerne pourtant 600.000 personnes en France, dont 250.000 enfants. Soit environ une naissance sur 150. Pourtant, aujourd'hui, moins de 20% des enfants autistes sont scolarisés et moins de 5% poursuivent des études supérieures. Seul un autiste sur dix travaille, et ils sont très peu à pratiquer un sport ou un instrument de musique. En cause, une prise en charge encore trop souvent inadaptée et tardive. Car seule une intervention "massive, précoce et structurée" peut véritablement permettre à un enfant autiste de se développer et de devenir autonome, rappelle SOS Autisme, qui estime que, dans ce domaine, "la France a quarante ans de retard".

Agir dès le plus jeune âge

En théorie, les troubles autistiques devraient être diagnostiqués avant l'âge de 3 ans. Or, encore trop peu d'enfants sont dépistés dans les premières années. L'autisme demeure un syndrome complexe et mal connu, y compris au sein du corps médical. Et, face à un enfant dont le comportement est inhabituel, les familles subissent parfois des années d'incompréhension et d'errance médicale. "Un temps précieux" car "une intervention ciblée et précoce permet d'en atténuer les effets, de favoriser le développement de l'enfant et d'améliorer la qualité de vie de la famille", souligne SOS Autisme.

D'autant qu'il existe de nombreux traitements éducatifs, cognitifs, comportementaux et développementaux qui permettent d'optimiser le développement des enfants autistes et de les intégrer, dès leur plus jeune âge, au sein de l'école et de la société. Une condition incontournable pour faire enfin véritablement évoluer les mentalités.

Comment reconnaître les signes de l'autisme ?

L'autisme est un trouble sévère du développement de l'enfant, d'origine neurobiologique. Il apparaît avant l'âge de 3 ans et affecte quatre garçons pour une fille. Le nombre et le type de symptômes, et le degré de gravité de ces derniers varient tellement d'une personne à l’autre qu'on préfère aujourd'hui parler de "troubles du spectre autistique" (TSA). Ils se manifestent par des difficultés dans les relations sociales (apparente indifférence, refus de l'étreinte), dans la communication (retard de langage, difficultés à imiter), et des comportements stéréotypés et répétitifs (mouvements inhabituels du corps, intolérance face au changement). Certaines personnes autistes souffrent également de troubles psychomoteurs et de troubles du sommeil et de l'alimentation.

Des structures mutualistes spécialisées

Plusieurs structures mutualistes sont spécialisées dans la prise en charge d'enfants et d'adultes présentant des troubles du spectre autistique.

En Bretagne, la Mutualité Finistère Morbihan propose l'hébergement complet d'adultes autistes dans deux établissements situés à Plouay et Lorient dans le Morbihan.

Dans l'Isère, à Echirolles, l'institut médico-éducatif "La Petite Butte" accueille vingt enfants de 4 à 16 ans en semi-internat, et quinze adultes en accueil de jour. Le dispositif d'accompagnement s'appuie sur des principes de l'éducation structurée, en associant la dimension éducative et les soutiens thérapeutiques.

En Isère, Le Relais est un dispositif expérimental qui s'adresse aux adolescents qui souffrent d'un autisme déficitaire associé à des troubles graves du comportement. Les modalités d'intervention oscillent entre deux ou trois demi-journées à domicile ou en accueil de jour en fonction de la situation du jeune et de sa famille.

En Seine-et-Marne, à Claye-Souilly, douze adolescents avec autisme, âgés de 12 à 18 ans, sont accueillis en externat et accompagnés par une équipe pluridisciplinaire, avec la possibilité d’une place en accueil temporaire, au sein du centre de La Gabrielle, géré par la Mutualité Fonction publique action santé social (MFPass)

Enfin, la Mutualité Française Normandie vient d'inaugurer un foyer d'accueil médicalisé, d'une capacité de 32 places, à Verson. Ses missions : apporter une assistance dans les actes quotidiens de la vie, dans l'accès aux soins et apporter une aide quant à l'insertion sociale des personnes accueillies.

Sophie Lecerf

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)