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Jeux vidéo : l’OMS en fait une maladie

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de faire entrer l'addiction aux jeux vidéo dans sa classification internationale des maladies.

Le "trouble du jeu vidéo" a intégré la dernière classification internationale des maladies de l'OMS, ce qui permettra aux joueurs compulsifs de pouvoir bénéficier de soins. Pour l'OMS, "le trouble du jeu vidéo est caractérisé par une perte de contrôle sur le jeu, une priorité croissante accordée au jeu par rapport aux autres centres d'intérêt et activités quotidiennes, et par la poursuite ou escalade de la pratique, malgré des conséquences négatives", indique Libération.

Pour établir le diagnostic, ce comportement extrême doit avoir des conséquences sur les "activités personnelles, familiale, sociales, éducatives, professionnelles", et en principe "se manifester clairement sur une période d'au moins douze mois". "La personne joue tellement que d'autres centres d'intérêt et activités sont délaissées, y compris le sommeil et les repas", explique le Dr Shekhar Saxena, directeur du département de santé mentale de l'OMS.

La communauté scientifique est divisée sur l'existence ou non de ce "trouble du jeu vidéo". Une publication scientifique, cosignée par de nombreux chercheurs, conteste les conclusions de l'OMS, souligne Libération. L'inquiétude est surtout de voir se généraliser une approche médicale pour une pratique parfois excessive, mais qui n'a rien de pathologique.

Quelles sont les conséquences de cette classification ? La Classification internationale des maladies de l'OMS a une valeur de référence pour les personnels soignants, mais aussi pour les pouvoirs publics ou les assureurs, rappelle La Croix.

"L'intérêt de cet ajout est multiple", estime Laurent Bègue, professeur de psychologie sociale à l'université de Grenoble. Tout d'abord, il va aider les soignants à poser un diagnostic. Ensuite, cette reconnaissance devrait permettre le lancement de nouvelles études sur les conséquences des jeux vidéo sur les adolescents et les enfants. Enfin, elle devrait "soulager les parents qui vont comprendre qu'il y a quelque chose d'addictif dans la nature même des jeux vidéo et se permettront peut-être de venir consulter plus librement", espère Olivier Phan, pédopsychiatre et addictologue à la Fondation pour la santé des étudiants de France et la Croix-Rouge.

"Addiction aux écrans : les parents appellent à l'aide", titre Le Figaro en "une". Comment devenir un parent 2.0 ?

Ce casse-tête éducatif englobe de nombreux sujets comme la socialisation des adolescents sur les réseaux sociaux, le partage de données personnelles, le cyberharcèlement, les codes de la séduction en ligne, les jeux vidéo, la santé, énumère le quotidien. "Les écrans sont devenus un enjeu majeur d'éducation", constate, dans Le Figaro, Olivier Gérard, responsable des médias et usages numériques de l'Union nationale des associations familiales (Unaf).

"Jusqu'à présent, les politiques publiques abordaient surtout la question de l'accompagnement au numérique par le biais de l'école plutôt qu'en s'adressant aux parents, ajoute Olivier Gérard. Aujourd'hui, il y a une prise de conscience de la nécessité de travailler avec les familles."

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