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Les jeunes médecins hospitaliers dépriment

Selon une étude publiée le 12 juin, les jeunes médecins en milieu hospitalier seraient 66% à souffrir d'anxiété et près d'un tiers de dépression.

Plusieurs représentants des jeunes médecins en milieu hospitalier seront reçus ce mardi 13 juin au ministère de la Santé afin d'y exprimer leur souffrance professionnelle. Une étude publiée par leurs organisations syndicales, que rapportent Les Echos, "se fonde sur 21.800 questionnaires recueillis depuis le début de l'année et sur une méthode éprouvée, l'échelle de Snaith et Zigmond, pour identifier les maux des répondants".

D'après les résultats, 66,2% des personnes interrogées souffriraient d'anxiété, 27,7% seraient en dépression et les idées de suicide traverseraient 23,7% de ces jeunes médecins. Le surmenage explique en partie cet état dépressif, analyse Leslie Grichy, vice-présidente de l'Intersyndicale nationale des internes (ISNI). Par exemple, souligne cette future psychiatre, dans le service où elle travaille, "il n'y a qu'une infirmière pour vingt-sept patients, contre deux ou trois il y a dix ans."

La fatigue se fait donc ressentir "souvent", voire "très souvent", chez 74% des externes, internes ou chefs de clinique assistants et apparentés. "En resserrant le panel sur les 8.800 internes et apparentés assistants chefs de clinique, qui sont à plein temps à l'hôpital, ajoutent Les Echos, on peut constater que l'immense majorité travaille trop et ne se repose pas assez." Preuve en est : un tiers d'entre eux travaillent plus de 60 heures par semaine, et seuls 26% déclarent ne pas dépasser le plafond légal des 48 heures hebdomadaires.

Dans ces conditions, le risque de commettre des erreurs médicales s'en trouve accentué. D'autant que le repos de sécurité mis en place en 2002 n'est respecté qu'une fois sur deux. Cette disposition, rappelle le quotidien économique, oblige à s'arrêter 11 heures après avoir travaillé 24 heures d'affilées à leur poste.

A cela s'ajoute le contact permanent des jeunes blouses blanches avec la mort et la souffrance des patients, épreuves qui affectent leur moral, autant que les violences psychologiques dont elles sont victimes de la part de leurs supérieurs. Or, face aux brimades, un quart des jeunes sondés se disent "rarement" défendus, même "pas du tout", par leurs chefs.

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Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)