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IVG : un numéro de téléphone et une campagne nationale d’information

Marisol Touraine, la ministre de la Santé et des Droits des femmes, a donné le 28 septembre le coup d'envoi d'une campagne d'information sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG). En contribuant à mieux informer les femmes, elle complète d'autres mesures telles que la suppression du délai de réflexion ou la prise en charge à 100% de cet acte.

"Le temps de la pression, de la menace et de l'intimidation est révolu !", a assuré la ministre de la Santé et des Droits des femmes le 28 septembre, à Paris, à l'occasion du lancement d'une campagne nationale de communication sur l'interruption volontaire de grossesse.

Si, depuis quarante et un ans, et le vote de la loi Veil, le droit des femmes à disposer de leur corps est reconnu, "l'accès à l'IVG ne va pas encore de soi pour tout le monde", a regretté Marisol Touraine en présentant les grandes lignes d'un pro­gramme visant à "agir contre les discours moralisateurs et culpabilisateurs".

S'appuyant sur un sondage Ifop, qui révèle que subsistent un grand nombre d'idées reçues sur l'avortement ("On ne peut avorter qu'à l'hôpital", "J'ai besoin d'un accord de mon partenaire pour interrompre ma grossesse"…), cette campagne mise sur une information "neutre et objective" sur l'IVG.

Le site Internet ivg.social-sante.gouv.fr, créé il y a deux ans, sort aujourd'hui dans une nouvelle version. Déjà visité par plus d'un million d'internautes et fort de 2,5 millions de pages consultées, il s'enrichit de nouveaux contenus, comme une trentaine de vidéos dans lesquelles des professionnels de santé répondent aux questions les plus concrètes sur l'avortement.

Un effort particulier a été fait pour un bon référencement de ce site, qui arrive désormais en tête des résultats de recherche, quel que soit le moteur utilisé. Il y a encore quelques mois, a rappelé la ministre, les sites d'opposants à l'IVG, qui culpabilisent et désinforment les femmes, ressortaient en priorité en réponse à ces recherches.

"Armer les femmes" dans leur parcours

Le ministère lance également un numéro de téléphone national d'information consacré aux questions de sexualité, de contraception et d'avortement. La gestion de ce numéro anonyme et gratuit, le 0800 08 11 11, est confiée au Mouvement français du planning familial, qui gère déjà des plateformes régionales d'information. Au bout du fil, précise Véronique Séhier, coprésidente de ce mouvement, "nos 90 écoutants connaissent bien la loi, afin de répondre aux questions des femmes, ainsi que les structures de proximité pour les orienter dans leurs démarches". Pour cette militante, il est primordial de "rendre légitime l'avortement", notamment "en armant les femmes face à certains professionnels de santé susceptibles de mettre des obstacles à leur parcours".

Pour faire connaître cette plateforme, la campagne se déclinera sur différents supports : des annonces sur le droit des femmes à disposer de leur corps, avec des slogans tels que "Mon corps, mon choix, mon droit", "C'est ma vie, je choisis", ou encore, "L'IVG, c'est mon droit", seront diffusées dans la presse, notamment féminine mais aussi professionnelle. Un film "making-of" de cette campagne a également été conçu pour une diffusion sur les réseaux sociaux. Une affiche sera aussi apposée dans les plannings familiaux, les établissements de santé, ou les associations qui reçoivent des femmes.

IVG dans les centres de santé

Seule une bonne information permet aux femmes de recourir en toute liberté à l'avortement. Le message à retenir, conclut Marisol Touraine, c'est qu'"il n'y a rien de honteux à exercer ses droits".

Cette campagne complète un certain nombre de mesures inscrites dans le programme d'action en faveur de l'accès à l'IVG annoncé en janvier par la ministre, telles que la prise en charge à 100% par l'assurance maladie de l'in­terruption de grossesse ou la suppression de la condition de dé­tresse pour demander la réalisation de cet acte.

D'autres dispositions, parmi lesquelles la suppression du délai de réflexion de 7 jours entre les deux consultations médicales du parcours de la patiente, la possibilité pour les sages-femmes de pratiquer des IVG médicamenteuses, et celle pour les centres de santé de réaliser des IVG instrumentales, sont actuellement en discussion au Sénat dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé.

Consulter la page Internet relative à la campagne sur le site du ministère.

Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)