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Irradiés : la liste s’allonge

L'hôpital d'Epinal (Vosges) fait à nouveau la "une" de l'actualité ce matin. Selon Le Parisien/Aujourd'hui (page 20), "la liste des patients victimes de surdoses de radiothérapies (dans cet établissement) pourrait encore s'allonger".

C'est au mois de mai dernier que l'affaire a été révélée. De 1989 à 2000, 421 personnes ont été surirradiées au cours d'examens de radiothérapies visant à soigner leur cancer de la prostate.

L'enquête, alors menée par l'inspection générale des Affaires sociales (Igas), a montré que "des erreurs gravissimes avaient été commises par divers responsables du service de radiothérapie : erreur de réglage des doses de rayons X, puis dissimulation de la vérité à la hiérarchie administrative, et enfin rejet des demandes de soins des malades au motif que ça allait passer tout seul", rapporte le quotidien.

Les recherches engagées ont également permis de découvrir que le nombre de cas d'irradiation était plus important que prévu, et concernait également les patients atteints de cancers du foie et des intestins. Par conséquent, 300 nouvelles victimes ont été identifiées. Ajoutées aux précédentes, 721 personnes ont ainsi été soumises à cette surexposition.

Interrogée par Le Parisien/Aujourd'hui, la ministre de la Santé annonce la mise en place d'un nouveau numéro vert (0.800.636.636) afin que les "4.500 malades qui sont passés dans le service de radiothérapie de cet établissement depuis 1989" obtiennent des réponses à leur question.

En même temps, Roselyne Bachelot se veut rassurante : "S'ils n'ont pas développé de douleurs ou de symptômes depuis qu'ils ont passé cet examen de radiothérapie, ce n'est pas la peine qu'ils s'inquiètent."

Selon le quotidien, ce nouveau rebondissement de l'enquête va très certainement rallonger la liste des 40 plaintes instruites actuellement par les magistrats du pôle de santé publique de Paris. Cette "affaire sanitaire d'une ampleur rarissime", selon les termes de la ministre, n'est pas la seule indique Le Parisien/Aujourd'hui.

Au CHU Rangueil de Toulouse (Haute-Garonne) cette fois, mais avec un caractère de gravité moindre, "146 patients ont été victimes de surradiations alors qu'ils étaient traités pour des lésions au cerveau sur une période allant de fin 2006 à début 2007". L'Igas devrait rendre prochainement son rapport.

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En septembre 2006, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, déclarait : "Je vous donne rendez-vous en juillet 2007 pour l'ouverture de votre DMP." A ce jour, constate La Croix (page 11), le dossier médical personnel est toujours virtuel. Ces "retards au démarrage" devraient d'ailleurs se prolonger.

En effet, selon l'entourage de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, ce dispositif est censé connaître une première "expérimentation en 2008-2009". Pour la généralisation du dossier, "on est plutôt sur un créneau de 2010-2012…".

"Au départ, explique le quotidien catholique, le gouvernement s'était fixé un objectif ambitieux" mais les experts s'étaient montrés plutôt sceptiques. A juste titre ! Les difficultés ont parsemé la construction du projet, "tant au niveau juridique que technique", rappelle La Croix.

D'abord, l'appel d'offres chargé de désigner les hébergeurs informatiques a été annulé. D'où le lancement d'une seconde recherche. Ensuite, l'expérimentation menée fin 2006 dans plusieurs régions a été "perturbée" par des problèmes liés à la confidentialité des données contenues dans ce DMP.

Initialement, la mise en place de ce projet devait permettre des économies allant de 3,5 à 6,5 milliards d'euros par an. "Plus personne aujourd'hui n'ose parler des économies, prétendument mirifiques", fait remarquer La Croix.

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)