Irradiés d’Epinal : première indemnisation

Dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui (page 14), la ministre de la Santé annonce que 500 victimes de surdosage de radiations à l'hôpital d'Epinal (Vosges) percevront chacune une avance d'indemnité de 10.000 euros. Après avoir été vivement critiquée par l'Association des victimes, "qui l'accusait de ne pas tenir ses promesses", Roselyne Bachelot entend ainsi manifester la solidarité de l'Etat. Le Parisien/Aujourd'hui voit, dans ce geste, le premier acte de la "gigantesque bataille financière" qui s'annonce. Le montant total des indemnités est estimé à 20 millions d'euros pour les compagnies d'assurance.

Pour bénéficier de cette indemnisation, un seuil d'exposition a été retenu. Il devra être "supérieur ou égal à 7% de doses de rayons en trop", explique ce quotidien. La ministre de la Santé précise que cette avance d'indemnisation "ne remet nullement en cause et ne se substitue pas aux procédures (judiciaires) en cours".

Le drame d'Epinal concerne 4.500 patients qui ont été irradiés entre 1989 et 2005, rappelle L'Express (pages 120 à 122). Cinq d'entre eux sont décédés. Aujourd'hui, les victimes veulent comprendre comment le centre hospitalier a enchaîné les erreurs dans le traitement des cancers par radiothérapie. Et ce, pendant seize ans... Au-delà de la "bavure" médicale, c'est le manque de courage de l'équipe soignante qui révolte les victimes. Alors même que l'erreur avait été découverte, les patients concernés ont été tenus dans l'ignorance la plus complète de leur situation, affirme L'Express. L'an passé, l'inspection générale des Affaires sociales (Igas) s'étonnait qu'aucune décision n'ait encore été prise et que "contrairement aux obligations, les autorités nationales ne soient pas alertées".

Les premières plaintes ont été déposées le 16 octobre 2006. Depuis cette date, 88 victimes se sont manifestées, faisant de ce dossier un "scandale sanitaire majeur", estime L'Express. Au centre des débats : la question du contrôle des services de radiothérapie en France, car Epinal n'est pas un cas isolé. En effet, d'autres hôpitaux sont concernés. Au CHU de Rangueil à Toulouse, 145 patients traités pour des tumeurs cérébrales, ont été surexposés aux radiations. D'autres cas sont-ils encore à craindre ?

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"Assurance maladie : 116 millions d'euros de fraudes détectés" en 2007, titre Le Figaro-économie (page 22). La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a estimé hier que son programme de lutte contre la fraude donnait "des résultats substantiels", "comparables avec ceux obtenus par d'autres pays européens".

En 2006, 91 millions d'euros ont été récupérés et une dizaine seulement les années précédentes. Au premier rang figurent les facturations erronées d'hôpitaux et de cliniques, la chirurgie esthétique et les fraudes au Subutex. La lutte contre les arrêts de travail injustifiés reste une priorité de l'assurance maladie, souligne le quotidien Les Echos (page 2).

Ainsi, la mise sous accord préalable de 210 médecins, gros prescripteurs d'arrêts de travail, a permis d'économiser 34 millions d'euros. Mais les économies sur ce poste sont néanmoins plus faibles qu'en 2006. C'est le signe d'un changement de comportement, se félicite la Cnam. Les économies réalisées grâce à la lutte contre les fraudes ne représentent cependant que 1% des dépenses d'assurance malade, rappelle La Tribune (page 3).

John Sutton

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