Inversion de la courbe du chômage : Hollande perd son pari

Les chiffres de Pôle emploi et du ministère du Travail étaient attendus hier avec impatience : en décembre 2013, le nombre de chômeurs a augmenté de 10.200 personnes, portant ainsi le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans aucun emploi) à 3,303 millions, pour la métropole, soit une hausse de 5,7% en un an. Un verdict "sans appel", comme le qualifient Les Echos (pages 2 et 3) : François Hollande n'est pas parvenu à inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année, comme il l'avait promis à maintes reprises.

Le seul point positif concerne le chômage des jeunes de moins de 25 ans. Fin décembre, ils étaient 535 100 inscrits à Pôle emploi en catégorie A, soit une baisse de 0,3% sur un an. Au ministère du Travail, on se félicite de ce résultat, qui s'explique "quasi exclusivement par l'effet des emplois aidés", observe Le Parisien/Aujourd'hui (pages 8 et 9) qui y voit, pour sa part, une "amélioration en trompe-l'œil" : en effet, relève-t-il, si l'on tient compte de l'ensemble des catégories, "les moins de 25 ans sont toujours deux fois plus touchés que leurs aînés, avec un taux de chômage de 24,5%, contre 10,5% pour l'ensemble de la population".

Du côté des plus de 50 ans et des chômeurs de longue durée, le nombre de demandeurs d'emploi augmente respectivement de 81.100 et de 241.300 sur un an. A croire, écrit Le Figaro (pages 18 et 19), que ces deux catégories sont les "parents pauvres, voire même les oubliés, de la politique gouvernementale de lutte contre le chômage en 2013".

Quelle que soit la classe d'âge et les catégories, poursuivent Les Echos, le chômage a davantage progressé chez les hommes (+6,4%) que chez les femmes (+4,9%) en 2013, et pas une région n'aura été épargnée par cette évolution.
Pourquoi la courbe ne s'est-elle pas inversée, interroge Le Parisien/Au­jourd'hui. L'absence de croissance, qui s'est établie à 0,1% en est la princ­ipale explication, rapporte le quotidien : il faut en effet un minimum de +1,5% pour créer des emplois et faire baisser le chômage.

Pour la suite, François Hollande "se garde bien de s'enfermer dans une nouvelle promesse" en se fixant un quelconque horizon de temps ou le moindre objectif chiffré, remarque L'Opinion (pages 2 et 3). "Ce que nous devons faire, c'est la diminution, l'inversion", déclare-t-il simplement. Et pour parvenir à ce nouvel objectif, "le chef de l'Etat mise tout, désormais, sur le pacte de responsabilité", complètent Les Echos. Ce "nouveau pari" repose sur la création de nouveaux emplois en contrepartie d'une baisse des charges des entreprises.

Depuis hier justement, partenaires sociaux et représentants du patronat sont reçus à Matignon pour négocier les conditions de ce pacte.

A en croire Les Echos (page 4), chacun semble camper sur ses positions dans un vaste "dialogue de sourds". D'un côté, le président du Medef "réclame que les gestes envers les entreprises atteignent 60 milliards d'euros avec 25 milliards de baisses d'impôts". De l'autre côté, la CGT et Force ouvrière dénoncent un "marché de dupes" entre François Hollande et Pierre Gattaz, tandis que la CFDT, la CFTC et la CGC seraient prêtes à jouer le jeu de ce pacte.

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Quelle est l'offre de soins des médecins libéraux à Paris et comment va-t-elle évoluer d'ici deux à cinq ans ? C'est la question à laquelle ont tâché de répondre plusieurs internes dans le cadre de leur thèse menée dans trois départements de médecine générale des universités Paris-V, Paris VI et Paris VII, rapporte Le Journal de Paris (page IV) du Parisien/Au­jourd'hui.

Premier enseignement de cette étude baptisée Demomed : "La capitale perd plus de praticiens qu'elle n'en voit s'installer". Les généralistes libéraux, notamment, sont en régression depuis 2007, baisse également constatée chez les gynécologues (– 16%) et les pédiatres (– 4%) depuis 2011. Toutefois, Paris est loin d'être victime d'une pénurie puisqu'elle compte 11,2 médecins pour 10.000 habitants, contre 9,7 au niveau national.

Une autre particularité distingue la capitale : "Alors qu'en France 88% des généralistes exercent en secteur 1, c'est-à-dire au tarif de la Sécurité so­ciale, à Paris, cette proportion tombe à 58%." Un mauvais point pour l'accès aux soins.

Concernant la répartition des médecins généralistes, la carte de Paris affiche un contraste fort, le nord-est et l'est étant moins pourvus que l'ouest. Ces données viennent conforter celles relevées par l'Ordre des médecins à la fin 2013, précise le quotidien.

Autre constat : le choix des regroupements entre professionnels se fait de plus en plus fréquent. Ainsi 55% des généralistes, 52% des pédiatres et 65% des gynécologues ont choisi cette formule, "le plus souvent en petites structures de deux ou trois praticiens".

Interrogé par Parisien/Aujourd'hui, Jean-Marie Le Guen, adjoint au maire de Paris chargé de la santé, estime que ces informations, qui confirment que "des zones entières de Paris sont en voie de désertification médicale", vont permettre de créer des "zones d'actions prioritaires pour la santé" d'ici à 2020. Celles-ci s'inscriront dans un "plan massif pour créer dans les six prochaines années au moins une maison ou un centre de santé par quartier priori­taire".

Frédéric Lavignette

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