Intervention du chef de l’Etat : vers une réforme de la dépendance

Explications, bilan, perspectives : ce sont les trois termes qui peuvent qualifier l'intervention du chef de l'Etat à la télévision hier soir. Comme le note Le Parisien/Aujourd'hui (pages 4 et 5), Nicolas Sarkozy s'est notamment expliqué sur le remaniement et sur son choix de recon­duire François Fillon à la tête du gouvernement.

Pour La Tribune (pages 4 et 5), "le chef de l'Etat s'est appuyé sur l'adoption de la réforme des retraites pour se poser en ”protecteur” et en serviteur de ”l'intérêt” général". Il en est une autre que Nicolas Sarkozy compte mettre en œuvre d'ici la fin de son quinquennat : celle de la dépendance.

Comme le rapporte Le Figaro (pages 2 et 3), le président de la République veut bâtir "un système juste et équitable pour qu'une personne âgée puisse vivre dignement". Prochainement, selon ses termes retranscrits par Libération (pages 2 à 6), "nous aurons la création d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale, la prise en charge d'un nouveau risque : le cinquième risque".

Au préalable, Nicolas Sarkozy va lancer "une grande consultation qui va durer six mois", en association avec les conseils généraux, les organisations syndicales ou les associations de personnes âgées. Selon Les Echos (pages 3 et 4), des décisions pourraient être prises à l'été 2011 et, à l'automne, des mesures législatives pourraient être votées dans le cadre du budget de la Sécurité so­ciale pour 2012.

Pour l'heure, indique le journal économique, Nicolas Sarkozy a énuméré les questions auxquelles il faudra répondre, mais n'a pas apporté de réponse : "Faut-il obliger les gens à s'assurer contre le risque de dépendance ? Augmenter la CSG ? Autoriser le recours sur succession après le décès des personnes qui ont bénéficié des aides ?"... Quant aux objectifs de cette réforme, ils visent à "réduire la somme qui reste à la charge des personnes âgées dans les maisons de retraite et favoriser le maintien à domicile".

Cese : élection de Jean-Paul Delevoye
Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République, a été élu hier à la présidence du Conseil économique, social et environnemental (Cese) avec 170 voix pour, 57 blancs et 0 nul, indiquent Les Echos (page 5). L'ancien ministre de la Fonction publique était seul en lice après le retrait de la candidature de Jean-Pierre Davant. Dans un communiqué publié hier, le président de la Mutualité Française a dénoncé "la politisation extrême" de cette assemblée consultative et a déploré le fait que "la société civile (ait) cédé du terrain devant le reclassement d'une partie du personnel politique", rapporte Libération (page 13). Comme le notent d'ailleurs Les Echos, Jean-Paul Delevoye "sera le premier homme politique à présider une assemblée dont la raison d'être est d'incarner la voix de la société civile".

Analysant la nouvelle composition du CESE, Le Figaro-économie (page 20) parle d'un "renouveau de façade". Cette institution, poursuit ce quotidien, "est encore loin d'afficher des discours révolutionnaires. Au contraire, ses travaux se sont ouverts comme les anciens s'étaient clôturés : par une ode vibrante au gaullisme social".

L'affaire de Mediator® s'amplifie
Les récentes observations de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) sur le Mediator® sont à l'origine de la "réunion de crise" qui s'est tenue hier au ministère de la Santé. D'après Libération (page 12), le nouveau ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a en effet convoqué sa secrétaire d'Etat, Nora Berra, et le directeur de l'Afssaps, Jean Marimbert, afin de confirmer "le danger mortel" de cet antidiabétique produit par les laboratoires Servier et retiré du marché en 1999.

Selon l'Afssaps, rappelle Le Parisien/Au­jourd'hui (pages 12 et 13), "le Médiator® a provoqué au moins 500 morts par valvulopathies et entraîné 3.500 hospitalisations". Depuis sa commercialisation en 1976, et ce malgré les dangers constatés, près 144 millions de boîtes ont été vendues à 5 millions de personnes diabétiques ou désireuses de perdre du poids et qui l'utilisaient comme un coupe-faim.

Hier, le ministre de la Santé a conseillé à "tous ceux" qui en ont pris et "tout particulièrement à ceux qui en ont pris pendant au moins trois mois au cours des quatre dernières années" de consulter leur médecin traitant. Par ailleurs, ajoute le quotidien, "il s'agira de comprendre comment un médicament dont la dangerosité était dénoncée depuis plusieurs années, a pu échapper à l'interdiction".
Frédéric Lavignette et Jean-Michel Molins