Radiations : incidents à l’hôpital

Nouveaux incidents dans un hôpital. Entre avril 2006 et avril dernier, 145 patients du CHU de Rangueil (Haute-Garonne), traités en radiothérapie pour des tumeurs cérébrales cancéreuses ou bénignes, ont reçu des surdoses de radiation. Selon Le Monde (page 11), c'est lors d'un contrôle de routine d'un appareil de radio-chirurgie que son constructeur a découvert un dysfonctionnement. "Il a été constaté une distorsion des paramètres aboutissant à délivrer une dose supérieure à la dose prescrite", explique le directeur de l'hôpital.

Cette erreur d'étalonnage ne doit toutefois pas inquiéter, rassure Le Figaro (page 11). "Les doses délivrées sont toutes situées dans le haut de la fourchette admissible pour ce type de traitement, sans l'avoir dépassé pour autant", écrit ce quotidien. Malgré tout, indique le directeur de l'hôpital dans Le Monde, "un courrier a été adressé à tous les patients ayant été traités au moyen de cette machine depuis sa mise en service". Ces 145 personnes font actuellement l'objet d'examens médicaux complémentaires destinés à identifier d'éventuelles complications.

Ce nouvel incident intervient après une série de problèmes du même type rencontrés dans des établissements d'Epinal, Lyon ou Grenoble. L'Autorité de sécurité nucléaire (ASN) a donc décidé de renforcer ses contrôles après avoir constaté des écarts de plus en plus fréquents à la réglementation. Un "guide des bonnes pratiques" devrait d'ailleurs être distribué d'ici à la fin de l'année aux radiothérapeutes et un "guide des déclarations d'incident" est en cours d'élaboration, annonce Le Figaro.

Comme l'indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 16), qui a révélé cette affaire, la ministre de la Santé a mis en service hier un numéro vert (0.800.555.999) "pour répondre à l'inquiétude des malades et de leurs proches". Roselyne Bachelot-Narquin a également déclaré qu'elle "tirera toutes les conséquences en matière de qualité et de sécurité des pratiques". Première étape : la vérification des 180 centres de radiothérapie en France.

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Les dépenses de soins de ville ont augmenté + 5,5 % sur un an, a relevé hier la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). En mars, ces dépenses avaient progressé de 2,4%. Pour Les Echos (page 2), la dégradation des comptes de l'assurance maladie constitue "le premier dossier chaud à régler pour l'équipe Fillon".

La Tribune (page 27) considère que ces mauvais résultats vont "alimenter le débat sur l'instauration d'une franchise sur les soins", d'autant que l'évolution des dépenses n'augure rien de bon. Si cette tendance se confirme, le déficit de la branche maladie pourrait atteindre 5 à 6 milliards d'euros, au lieu des 4 prévus initialement. Selon Les Echos, la procédure d'alerte "devrait être déclenchée dans les jours qui viennent", avant le 1er juin. Dans ce cas, le comité d'alerte demanderait aux pouvoirs publics de prendre des mesures de redressement.

ans un long entretien aux Echos, (page 3), le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth, ne semble pas effrayé par cette perspective. "Le déclenchement de la procédure d'alerte ne sera pas un drame", déclare-t-il. Le ministre estime "qu'il n'y aura pas forcément de loi de financement de la Sécurité sociale rectificative en juillet." Avant d'ajouter : "On peut faire beaucoup d'économie via des mesures réglementaires et il n'est pas question de relever l'objectif des dépenses ou de dégrader les comptes." Interrogé sur la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008, Eric Woerth affirme que la préparation de ce texte se fera "en coordination" avec la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin, et le ministre de la Solidarité, Xavier Bertrand.