Hormones de croissance : procès en vue

"Après quinze ans d'instruction, le procès de l'hormone de croissance aura bien lieu", annonce La Croix (page 7). La juge d'instruction du pôle de santé publique Marie-Odile Bertella-Geffroy vient en effet de rendre son ordonnance de renvoi : 7 personnes sont ainsi appelées à comparaître en correctionnelle cet automne pour "homicides involontaires, blessures involontaires et tromperie aggravée". Parmi les inculpés, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 14), figurent "l'ancien responsable de la production de l'hormone de croissance à l'Institut Pasteur, deux anciens patrons de la pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris, l'ex patron de la Direction de la pharmacie et du médicament au ministère de la Santé".

"Dans cette première affaire judiciaire de santé publique arrivant dans une salle d'audience", précise Le Figaro (page 10), douze personnes ont été initialement mises en examen au cours de l'instruction, tenues pour responsables de la mort d'au moins 104 personnes.

La "genèse" de cette affaire remonte au début des années 1980, rappelle L'Humanité (page 11), "époque où une hormone d'origine humaine est largement utilisée par la médecine dans le traitement des problèmes de croissance". Le principe semblait à l'époque prometteur, explique Le Parisien/Aujourd'hui. "Il s'agit d'extraire l'hypophyse du cerveau d'un cadavre et d'en retirer l'hormone qu'elle contient. Injectée régulièrement, elle permet de rétablir une croissance quasi normale" pour des personnes de petite taille, voire victime de nanisme.

Ainsi, une association appelée France hypophyse se charge de collecter ces hypophyses pour les transmettre à une unité de recherche de l'Institut Pasteur qui les fabrique alors et les conditionne. La pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris, elle, se charge d'assurer la distribution et la commercialisation du produit final.

Seulement, à partir de 1995, la maladie de Creutzfeldt-Jakob oblige à prendre des précautions car on soupçonne l'hormone de transmettre le prion. De leur côté, les Etats-Unis et l'Angleterre décident alors d'interrompre sa commercialisation du marché, tandis que la France poursuit la vente de ses lots contaminés. Pire même, souligne Le Parisien/Aujourd'hui : "A cette tragédie humaine s'ajoute un scandale financier". L'ancien responsable de la production de l'hormone de croissance à l'Institut Pasteur "est soupçonné d'avoir importé massivement des hormones prêtes à l'emploi par le biais d'une société belge". Chaque année cette société prélevait en effet des hypophyses sur près de 100.000 cadavres en Belgique, en Bulgarie et en Pologne. Le professeur inculpé touchait, à l'occasion de la vente de ces hormones, une commission de 5%. Dans cette affaire, les peines encourues pourraient atteindre jusqu'à dix ans de prison.

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Un colloque, qui s'est tenu la semaine passée à Marseille, a mis en cause la prise en charge des personnes âgées touchées par le cancer. "Un mal souvent mal traité", titre Libération (page 21). Cette rencontre a tout d'abord permis de rappeler que le risque d'être atteint par un cancer augmente avec l'âge. "Sur 147.000 décès annuels liés au cancer, 59.000 surviennent entre 65 et 79 ans, soit proportionnellement deux fois plus de décès", indique Libération. Autre constat : les personnes de plus de 75 ans représentent 30% des nouveaux cas de cancer.

Malgré cette situation, "la prise en charge du cancer chez la personne âgée reste mal maîtrisée, souvent faite à l'aveuglette, sans repère clair et sans protocole clairement rédigé", rapporte le journaliste Eric Favereau. "En grande majorité, les traitements ne sont pas adaptés, a regretté lors du colloque le Pr Lodovico Balducci de l'hôpital de Tampa en Floride. Dans toutes les études internationales, on a pu noter que les chimiothérapies sont soit trop faibles, soit trop toxiques." Autre indice de ce "désintérêt" : les plus de 60 ans sont cinq fois moins représentés dans les essais cliniques…